Ladytron


Light & magic


Telstar / WEA


electro


2003




Ladytron aurait pu vivre dans les années 80. Lorsque New Order a abandonné les crasses de Joy Division pour se perdre dans les couleurs de la Dance music, ils auraient pu laisser en chemin des gens comme Ladytron, des gens nés trop tard. Qu'importe : la pop synthétique et minimaliste de Ladytron fait mouche aussi dans le nouveau siècle : elle nous rappelle que la pointe de la technologie ne sert pas forcément l'artistique, et qu'il y a moyen de faire beaucoup avec peu : les tissus électroniques rèches estampillés eighties vous embarquent sous hypnose ("Seventeen"), comme si la New Wave s'était trouvée une âme, quelque chose qui crie à l'intérieur. Ladytron n'use que peu d'effets, tel n'est d'ailleurs pas le propos : chaque morceau se repose sur une rythmique linéaire et sans à coups, ses avances ne progressent qu'à coups de claviers en superposition. Les choses ne s'emballent pas, même si le tempo prend de la hauteur ("Black plastic") de temps à autre. Le disque ne fait pas l'économie de la linéarité (on s'ennuit un peu sur "Evil" ou "NuHorizons"), mais c'est la forme qui veut cela, et c'est aussi ce qui prend aux tripes : l'impression d'inextricabilité, de piège. La lumière ne pénètre jamais vraiment "Light & magic", et la magie du disque se révèle bien mécanique. Quoi qu'il en soit, ce disque est comme un petit bloc de glace jeté dans le feu de la pop, un petit quelque chose qui refuse de se laisser fondre. Suffisamment méritoire pour être signalé, non ?