Lauxna Lauksna
Sakai
Dangus
electro indus made in Lituanie
2006
Polivoks power ! Ce synthé de l’ère soviétique connu pour son exotisme (les potentiomètres sont écrits en cyrillque) et reconnu pour son infiablité (mal accordé donc mélodie périlleuse, impossible de programmer deux fois le même son). A la base conçu pour les fêtes de village, ce « Minimoog de l’Est » fait les beaux jours de quelques groupes d’électronique : c’est simple, il suffit de l’allumer pour faire des bruits! Et du bruit, y’en a dans ce premier album de L.L. Formation électro-indus de Vilnius, le groupe ne prend pas la définition du genre au pied de la lettre et apporte un vent de fraîcheur dans ce style ultra codifié par les simulacres de Leaether Strip ou :Wumpscut : et autre malades de l’arpégiateur. Pas hérétiques pour autant, (nul doute qu’ils s’y connaissent dans le domaine), ils ont tout simplement fait leur album dans un autre contexte, loin des « obligations commerciales » (je sais c’est terrible de dire çà mais on s’en rend compte une fois l’album entendu, il n’y a pas qu’une seule façon de l’électro !!) D’entrée, le CD et son livret sont d’un beau orange remarquable, parsemés de symboles astronomiques et de textes tout en lituanien (ouais !pas de cadavre !!Puisse que je vous dis qu’ils s’en foutent d’être dans Orkus !) L’album se trouve divisé en deux parties. La première étant plus électro avec quelques titres qui remue pas mal alors que la suite se veut plus ambient bitumeux. Après une intro, « lauks », qui ne casse pas des briques mais qui présente assez sincèrement l’univers sonore du disque (à savoir des sonorités un poil old school, des rythmiques et des vocaux modérément distordues et une petite pointe de bonne humeur), on rentre direct dans le sujet avec le déjà connu « Titnago ruja » construit et développé autour d’une boucle de basse bien groovy. D’emblée L.L. nous prouvent que s’ils n’ont pas encore le matos, ils maîtrisent la composition pour les morceaux dancefloor qui rougnent. Le titre « juoda balta raudona » suivant n’est que meilleur encore: une belle intro de 2 min pour faire exploser un gimmick proche de VNV Nation. Là encore le morceau, tient la longueur et n’essouffle que la piste !!!Le chant plutôt déclamé et incantatoire trouve sa meilleure expression dans « Ursa Minor », sorte de ballade galactique magique, pause avant les délires acidistordus « 12v Gintarai », bien plus sombre. Toute en tension progressive « Biciau karaliaus galaktika » est le morceau le plus réussit dans la complémentarité entre la voix et l’électronique, bien pesant et bruitiste à souhait, yeah !!!Le groupe s’essaye ensuite au gros BPM avec la mièvrerie d’un Tamtrum « boom, boom boom et trois petites notes »…le point noir du disque, désolé. Les deux derniers titres sont d’un dark indus que n’aurait pas renié Genocide Organ, rampant, grésillant, résonnant : pas de doute ça en est !!!
Donc un premier album très satisfaisant, avec un style déjà très personnel musicalement et surtout sans faute de goût ! Un groupe à suivre donc et, espérons, qui ne tombera pas prochainement dans l’ambient (pitié !) Le reproche assez lourd tout de même qui doit être fait c’est …la composition sur Fruity Loops et sa sonorité « à moitié vivante, à moitié autre chose», ses beats tout creux et ses synthés virtuels qu’aucune parole magique, passion pour la musique ou mastering acharné ne semblent capable d’épaissir. Alors les gars je vous le demande pour la suite, essayez un autre programme/ pabandykite kita programa, prasau !!
1. Lauks
2. Titnago Ruja - mp3
3. Juoda.Balta.Raudona
4. Ursa Minor - mp3
5. 12V Gintarais - mp3
6. Bičių Karaliaus Galaktika - mp3
7. Pirčiupiai - mp3
8. Namaste Geist Gestalt
9. Grīžols