Les Georges Leningrad


Sangue Puro


Tomlab


No-Wave/Post-Punk/Electro DIY


2006




Pionniers d’une nouvelle scène rock Montréalaise foisonnante et généralement digne d’intérêt (Duchess Says, We are Wolves, entres autres..), Les Georges Leningrad ont prouvés depuis leur excellent deuxième album « Sur les traces de Black Eskimo » qu’ils fallaient les compter parmi les tous meilleurs groupes d’un revival post-punk parfois un peu trop lisse.
Loin d’appliquer à la lettre une formule certes efficace, mais vieille de 30 ans, LGL affirme son style et sa différence (la formation déjà : chant, synthés/guitare, batterie) et prolonge en quelque sort l’esprit sale et DIY du punk et de la no-wave, n’hésitant pas à injecter une bonne dose d’electro dans sa recette efficace en diable.
Si l’album précédent faisait la part belle à des titres plutôt orientés dancefloor alternatif, et révélaient en particulier des racines No-Wave new-yorkaise (pensez Teenage Jesus and The Jerks ou James Chance) mélangées à une puissance rythmique issue de divers courants de la musique électronique (breakbeat, electroclash…) « Sangue Puro » lorgne plutôt du coté de la Perfide Albion du début des 80’s, avec des sonorités sombres et crasseuses qui ne sont pas sans évoquer le Killing Joke originel, ses synthés menaçants et ses rythmiques tribales, ou encore Bauhaus pour les ambiances glauques et sa volonté de ne garder que le squelette de la musique, autrement dit d’épurer en ne gardant que l’essentiel (à l’opposé de Muse, si vous voyez ce que je veux dire…).
Bien entendu, LGL ne renient pas pour autant leur excentricité et une théâtralité de bon aloi qui évite à l’ensemble de passer totalement du coté sombre de la force, un peu à la manière des meilleurs représentant de la Batcave d’origine.
Pour autant un titre tel qu’« Ennio Morricone » développe avec brio un climat horrifique digne de films d’épouvantes classiques tels « Night of The Living Dead » ou « Carnival of Souls » tout en conservant une puissance de feu et une urgence qui font parfois défaut à la production actuelle.
Cependant la folie l’emporte souvent sur les ténèbres comme par exemple sur « Eli-Eli-Lama Sabacthani » véritable pow-wow punk, « Sleek Answers» ou la chanteuse/miauleuse/hurleuse Poney-P s’essaye au hip-hop oldschool ( disons plutôt un rap revu et corrigé par Lydia Lunch » pour un résultat assez réussi et jubilatoire, ou encore « Lonely Lonely » qui voit Bobo (batterie) et Mingo (claviers/guitare) s’emparer du micro, avec un résultat plus proche de l’orchestre de débiles profonds que des Walker Brothers.
C’est par un « The future less » aux sonorités industrielles n’étant pas sans rappeler Laibach première formule ou Jim Fœtus, à l’époque où il se chargeait de la b.o des films expérimentaux de Richard Kern, que se clôt ce disque qui oscille entre fumisterie, réel talent et folie incurable, mais dont la sincérité et la qualité valent largement le détour.
Et pour info, Les Georges Leningrad sont également l’un des groupes en activité les plus décapants sur scène, tous genres confondus… A vous de jouer !


1 - Sangue Puro
2 - Skulls in the closet
3 - Scissorhands
4 - Ennio Morricone
5 - Eli-Eli-Lama Sabacthani
6 - Mammal Beats
7 - Sleek Answer
8 - Mange avec tes doigts
9 - Lonely Lonely
10 - The Future for Less