Le projet Man vient de Nantes, aujourd'hui ville des voyages conceptuels (« Etrange ») et s'est formé vers 1998, après le split de Dréta Lorelie, orchestre dans lequel jouaient ensemble Rasim Biyikli et E'>

Man


Helping Hand


Daktari Music


instrumentaux multigenres : electro jazz post-rock abstract


2005




« Stop It baby, i Know It's a. » Et le chroniqueur est assez décontenancé. Pour ce premier titre, on navigue entre electro, funk et dance. Assurément, ça groove et, paradoxalement, c'est triste. Toutes sortes de sons parasitent cet univers et on se prend à suivre un piano piqué au scat.
Le projet Man vient de Nantes, aujourd'hui ville des voyages conceptuels (« Etrange ») et s'est formé vers 1998, après le split de Dréta Lorelie, orchestre dans lequel jouaient ensemble Rasim Biyikli et Eric Charrier.
Le résultat est loin d'être froid ou égaré dans un intellectualisme outrancier. Des climats se détachent, proches de ceux de Growing chez Kranky (« Etrange ») ou des recherches de Pierre Yaves Macé(l'album "Faux-jumeaux"). Les instruments s'accordent les uns aux autres, comme cette guitare sèche, ce petit clavier et ces clochettes du morceau «Strange feeling». Instrumentaux tantôt bavards (encore des résurgences jazz sur «Drifting» et une dispute en apogée de « 8mn »), tantôt discrets, ils envahissent alors le quotidien, comme émanant de la fenêtre de votre voisin absent, tandis que résonnent vos propres mouvements. Se suffisent-ils à eux-mêmes ? Les réécoutera-t-on inlassablement ? Toujours une petite pointe vient renouer avec nous, aguiche nos sens et fait se dresser l'oreille. Man se fredonne («Dirty some paper to clear out my brain
»), flirte discrètement avec le post-rock (final crescendo du « Séparation »).
Les samples rêvent de délicatesse et habillent façon trip hop « Maïomie » et « Revenir ». Etrange et simple à la fois. Intime, souvent, comme un témoin silencieux qui s'occuperait de jouer avec vos objets une fois que vous êtes sortis de chez vous. Man redonne vie à vos disques et fait tourner tout seul le tambour de votre machine à laver («Farewell»).
Inquiétant et convivial, absent et terriblement présent, le duo, avec ce troisième album (après « Man » et « Main Gauche »), fera sans nul doute grandir la cohorte de ses fans, parmi lesquels on peut rencontrer Orange Blossom, l'équipe des Disques du Soleil et de l'Acier, Gilles Peltier ou Sylvain Chauveau. Sans se soucier de la hype qui les entoure (leur dossier de presse, disponible sur leur site, est à ce sens un modèle du genre !) si ce n'est en ce qu'elle leur permet de donner encore plus de liberté à leurs projets pour une musique libérée de toute contrainte.
Une épure gratuite et reposante.


1. You’re in for it
2. Strange feeling
3. Helping hand
4. Drifting
5. Maiomie
6. Separation
7. Dirty some paper to clear out my brain
8. Farewell
9. Revenir
10. 8 mm