mana ERG
The Blind Watchmaker
Glyptique
open, cold & ambient industrial rock
2004
Ecartelée entre plusieurs genres, l’écriture de mana ERG n’en prend que plus d’ampleur. Expérimental et passionnant, cet enregistrement est difficilement classable, et contient en germe une amertume minimaliste qui, auparavant, a pu donner des disques énigmatiques tels que l’immense "The Fragile" de Nine Inch Nails ("The Lynx"). L’électronique plutôt fine qui se déploie sous la maîtrise d’œuvre de Bruno De Angelis n’hésite devant rien : si elle préfère l’économie de moyens au déploiement de forces, elle s’acoquine à des formats aussi réduits que portant sur une pop glaciale, un rock industriel mécanique, des ambiances d’angoisse ("Angel of Chaos", glaçant), des guitares maigres et sournoises ("Cunctis Diebus"), une frappe drum’n’bass. Ou enfin, un trip hop mortuaire et hallucinatoire, pris entre grouillement de basses et spoken word neurasthénique ("Target"). Le chant de Deborah Roberts apporte alors à ces froides échappées une souplesse lyrique mais, paradoxalement, en accentue la puissance toute froide : les rythmiques minimalistes et sèches se parent d’un environnement abstrait, de plages de gel qui réintègrent des formats obsédants et desquels percent les affres d’une terreur moderne : ce rock ne se limite donc pas à l’exergue sexuelle ou décadente, il n’entretient pas la débauche d’énergie mais sert bel et bien un propos introspectif et mouvant.
Il devient un miroir.
1. Bother
2. Wasps
3. The Lynx
4. Cunctis Diebus
5. Angel of Chaos
6. Target
7. Novi mir
8. Burning Fields
9. Children of the Rubble