Manes
[View] e.p
Aural Music/Code666
ElectroTrip Rock
2006
N’y allons pas par quatre chemins. Manes est grand. Grandiose même.
En 2003 « Vilosophe » avait bousculé tout ce que l’on pouvait attendre et nous avait secoué, un album majeur et indispensable, difficile d’imaginer ce qui pourrait suivre.
Début 2006, Manes prévient avec le e.p « [View] » que ses futurs albums seront sans aucun doute eux aussi majeurs. Le pluriel car d’emblée Manes projette la sortie quasi simultanée de "Invention - or how the world came to an end and why we did it" et "Be all//End all". Accrochons nous aux branches ! La teneur de “[View]” est telle qu’on pressent le meilleur. Imaginez deux nouveaux titres faramineux, deux covers tout bonnement hallucinantes et des remixes du magistral « Terminus a quo/Terminus ad Quem » tiré de « Vilosophe ».
Un titre sublimé par une relecture electro dub groovy en diable sur « Terminus RMX », noisy inécoutable sur « Terminus Dei Profundis » et expérimentale ambiante et industrielle avec « Terminus Deconstructus ». Mais, malgré l’apport réel de ces titres, l’intérêt majeur de « [View] » réside bel et bien dans les quatre titres restant.
Du côté des covers, 16 Horsepower est sublimé au travers d’un « Cinder Aley » poignant et Duran Duran littéralement transfiguré au travers de « Title » dont seules les paroles rappellent l’original, le titre étant orchestré dans une pure lignée de « Vilosphose », voix magnifiques et guitares en avant, une façon de retrouver cette symbiose des mélodies 80’s avec une mélancolie torturée et une électronique racée qu’ont su créer les norvégiens. Une idée inédite qui n’est pas sans rappeler les tribulations d’un certain Ulver, dans une forme moins folle toutefois.
Et si l’on attend Manes sur le terrain de la création, on n’est pas déçu, voir même estomaqué ! « The Neoflagellata Revision » embraye à mi-parcours sur un rythme tonitruant après une introduction electro-pop superbe, et toujours ce chant magnifique. Avant de retrouver les origines black metal dans des nappes intrigantes, élongations aigues et spectrale mariées contre nature avec un beat féroce sur des arpèges à la Emperor. Le clou, le titre qui motiverait à lui seul l’achat de cet e.p, « Knife & Kleenex » ou comment baver d’impatience et en vouloir plus, s’impose en 5 minutes.
Une idée de Skinny Puppy maltraitant Depeche Mode à la sauce Ulverienne avec un soupçon d’In Strict Confidence, electro dark tirant sur le trip hop musclé, une attaque unique à vous faire défoncer le dancefloor, quitte à faire pleurer les DJs qui aiment l’évidence. Un titre à la fois égoïste par sa profondeur et sa tessiture mais qu’on aimerait voir animer les foules en transe.
D’un coup on comprend que Manes n’a pas été le créateur d’un coup de cœur intense avec « Vilosophe » mais est bel et bien capable de réitérer la performance, « [View] » pour preuve. On anticipe déjà et on trépigne. Indispensable une fois encore !
01. Cinder alley (16 Horespower)
02. Terminus rmx (DJ Don Tomaso remix)
03. The neoflagellata revision
04. Terminus deconstructus (Cordell Klier remix)
05. Knife & kleenex
06. Title (somewhat inspired by Duran Duran)
07. Terminus dei profundis (Cordell Klier remix)