Martin Gore
Counterfeit
Mute / Labels
electro
2003
Martin Gore s'était déjà essayé à la reprise sur le premier volume de "Counterfeit", il y a plus de dix ans. On n'avait gardé qu'un souvenir brumeux de ce premier EP en solo, tant cela ressemblait à un essai plus qu'à autre chose. Aujourd'hui, "Counterfeit 2" remet les choses à leur place : Martin Gore reprend la formule, mais y apporte un soin plus conséquent : toutes les reprises figurant sur ce disque (onze, tout de même) bénéficient d'arrangements typiques du savoir-faire de Gore : l'électronique y retrouve une finesse digne des derniers Depeche Mode, sans que jamais on ne retrouve les teintes typiques à "Exciter" ou mieux, "Violator". Quoi qu'il en soit, et même si la voix de Gore n'a pas la classe d'un Dave Gahan, elle n'en demeure pas moins d'un niveau plus qu'acceptable, qui lui permet d'en découdre avec quelques grands classiques : on réservera le coup de coeur au "Loverman" de Nick Cave, envisagé sous un angle moins brutal, plus psychédélique. Le "Tiny girls" d'Iggy Pop plonge dans un groove onctueux et minimaliste, à la limite de l'easy listening, quand Gore préfère conclure sur des notes plus amères : "Candy says", créé par Lou Reed, écorche l'âme. Les blessures font partie de ce disque, elles se terrent dans les claviers arpégés, les percussions évasives. Et jusqu'au bout, Gore tient son auditoire en haleine, hors des sentiers battus, comme si ce disque devait signifier une délivrance. L'avenir dira si elle passe ou non par le retour au collectif.