Miseria
Alone...
Auto-prod
metal atmospherique
2003
Miseria est un nouveau groupe venu de la froide Finlande pour jeter son flots de notes mélancoliques sur nos platines. Derrière une pochette sombre à la Edvard Munch se cachent quatre compositions à mi chemin entre une pop rock pessimiste façon Cure et du Mélodique Metal marqué au fer rouge du sceau Sonata Arctica. Le moins que l'on puisse dire c'est qu' "Alone" dégage une sorte de force malsaine qui vous glace d'un bout à l'autre de l'album. Pourtant si l'on y regarde d'un peu plus près les 4 titres ont des personnalités bien distinctes. Peut être parce que ce jeune combo est également composé de personnalités différentes: 4 filles (Virpi, Minja, Päiva et Annu) et une unique présence masculine Joni.
Premier morceau ,le titre track "Alone" de loin le meilleur de cette démo avec le dernier "Solitary". On y découvre les deux chanteurs ( et guitaristes), ou je devrais plutôt dire le chanteur et la chanteuse, oeuvrant sur une ritournelle cyclique aux claviers cristallins dont l'atmosphère faire indéniablement penser à Sonata. Si le timbre lyrique de Virpi ( la fille) n'est pas sans rappeler celui de Tarja ( Nightwish), c'est surtout le potentiel de Joni qui apparaît ici comme une évidence avec une tessiture très très proche de Tony Kakko. Je regrette d'ailleurs que celui ci n'apparaisse pas sur les deux titres suivants laissant la vedette à une Virpi beaucoup moins convaincante et plus monocorde que sur le premier morceau. Du coup "Slut Enough" et "Still Here" y perdent un peu en efficacité. Le premier "Slut enough", titre lancinant trouve tout de même une voie salvatrice avec son départ pesant uniquement basé sur une ligne de basse à laquelle s'ajoute progressivement une batterie et des riffs de guitares simples mais heavy et efficaces. Par contre j'avoue que j'ai eu bien du mal avec le très lent "Still Here" où le timbre sur-aigu de Virpi prend définitivement le pas sur une belle mélodie au piano reprise par la suite aux six cordes. Dommage !
"Solitary" vient clore en beauté cette démo, avec le retour de Joni au chant. Le titre tout en restant aussi sombre que les trois autres, découvre une facette du combo davantage tournée vers des sonorités à la Stratovarius ( tient encore des finlandais) période "Fourth dimension". Le phrasé est plus dynamique et le riff saturé et lourd sur fond de clavier ambiant est du plus bel effet m'amenant à dire que Miseria fait incontestablement partie de cette belle et grande famille du Métal nordique. "Alone..." révèle assurément tout le professionnalisme d'un jeune groupe qui a un avenir tout tracé au pays du Mélodic Metal. La balle est dans le camp Miseria, reste maintenant à transformer l'essai...