Mord
Necrosodomic Abyss
Osmose Productions
old school black metal
2008
Fondé en 1999 par le Polonais Nordra (basse, guitare et chant - responsable d’une première démo restée incomplète en date de 2001), Mord a vu son line-up fixé en 2003 avec l’arrivée du batteur Necrolucas, avant d’accoucher de son premier véritable enregistrement l’année suivante : le format maxi "Unholy Inquisition". Suite à quoi le groupe, signé sur Southern Lord, sortit "Christendom Perished" (2006).
Un passé d’importance relative, pour un présent qui gagne du galon.
"Necrosodmic Abyss", au-delà d’un titre ne provoquant pas grand rêve, impose un style Black Metal roots, égrenant tous les poncifs du genre et, sans jamais surprendre certes, parvient à installer une certaine ambiance et faire preuve d’une maîtrise plus importante. Sans doute moins extrême que les exercices des précurseurs du genre, "Necrosodomic Abyss", enregistré en octobre 2007 au studio-X refuse nettement de recourir aux artifices d’une grosse production. Le son reste crû, le duo (complété par l’intervention à la basse, aux chœurs et à la technique, de Necrosodom) préférant laisser débouler des rythmiques finalement assez rock’n’roll (les couplets de "Opus II", l’un des titres les plus directs du disque, mais sûrement pas le plus dur). Mais les fondamentaux sont aussi respectés, Mord s’inscrivant dans un genre old school en recourant à ces fameuses attaques de caisse claire faisant du Black Metal un style à rythmique mitrailleuse ("Opus VI", ou un Opus VII" qui plaisante encore moins sur ce plan). Ce mode opératoire gouverne par ailleurs la globalité d’un disque vengeur et rapide.
Vengeur, cet album l’est pour le moins, en dépit d’une linéarité qui, comme toujours, agace un peu. Quoiqu’il faille, si on doit être juste vis-à-vis de Mord, lui reconnaître la volonté de construire rythmiquement les choses de manière plus poussée qu’auparavant (les modulations du speed et furieux "Opus III"), et d’incorporer d’âpres effets vocaux à la Attila (certains effets de voix de "Opus IV" sont saisissants). En définitive, ce nouvel essai est pour l’heure son plus tenu, et s’impose au sein d’une discographie jusqu’ici assez moyenne comme le premier signe de vie réellement remarquable.
A suivre, désormais.
1. Opus I
2. Opus II
3. Opus III
4. Opus IV
5. Opus V
6. Opus VI
7. Opus VII
8. Opus VIII