Nihil


[in]Visible


BMG



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Les bordelais de Nihil ont, avec de nouvel album, définitivement quitté les sphères du métal pour se recentrer sur un rock ferme et saturé plus approprié à l’intimisme de leur musique. Jouant plus volontiers sur l’émotion et l’intensité que sur la dureté, l’arpège prend le pas et se décline en arrière couche. Reprenant les recettes utilisées précédemment, Nihil ne se réinvente pas mais affirme son identité, qui si elle n’est pas exempte d’influences évidentes, à la mérite de se vouloir forte. L’ombre de Jeff Buckley plane lourdement sur l’ensemble de l’album, maître spirituel pour le chant (« Sisyphus’ Ordinary Solitude ») ou la musique en elle-même (« Not at Home »). On assiste cependant à quelques moments de grâce (« Out of Control » et son enchaînement sur « …equilibrium », dans un registre nouveau avec les samples légers). Très sombre, [in]Visible est homogène et dégage une aura certaine, propre à envoûter l’auditeur, dressant la mélancolie au premier rang.
[in]Visible n’est pas un album révolutionnaire mais comblera les auditeurs en manque de sensations douces et tristes, entre Jeff Buckley et Anathema.