Norther


N


Century Media / EMI


modern & open death metal


2008




Cinquième opus des Finlandais Norther (ex-Requiem / Wintersun), "N" consacre le phénomène de vulgarisation de l’idée "Death Metal" via une approche très mélodique. Un choix qui n’a rien de répéréhensible en tant que tel mais qui, sur le nouvel enregistrement, aboutit à un résultat gagné par le superficiel. Si Norther bénéficie désormais des services d’un nouveau batteur, Keikki Saari, ce renouvellement humain ne le mène pas à autre chose que le pur exposé de gimmicks. Le groupe aborde, au fond, des formats assez pop (la ballade "If you go"). Presque en roue libre, Norther fait dans le formaté. Un riffing précis en découle certes mais qui, béni par la production de Anssi Kippo (Children Of Bodom) et le mix de Fredrik Nordström (Dark Tranquillity, In Flames), ne transpire pas d’une grande inventivité. "N" est certes assez joueur, oui, mais son jeu reste univoque, unidimensionnel. Le groupe abat la carte "catchy" en quasi-permanence. Sans surprises, la mise fonde tout sur des mélodies que l’on qualifiera sans vergogne de directes (l’ouverture "My Antichrist", "Down" ou "We rock"), mais les choix faits au niveau des arrangements font dans le boursouflé. Les claviers très (trop) présents au mix confèrent un vrai kitsch à des compositions qui, elles, auraient pu largement s’en passer (le très voyant "Frozen Angel", déjà présent sur un format EP court antérieur). Tout cela est décidément chargé en manières. "Epatant", pour certains peut-être. "Encombré" et "lourd" nous paraissent honnêtement termes plus appropriés.

Musicalement, Norther ne démérite cependant pas. Là encore, tout dépend de l’attente que l’on a face à Norther. Et le constat est net : la formation sert à tout amateur de Metal moderne son petit lot de friandises, pas de doute là-dessus. Mais tout cela ressemble un peu (trop) à une formule. Bien concoctée, sans doute, mais d’une désespérante prévisibilité. Du coup, Norther reste tout de même un cran très en dessous de l’impression de puissance qu’un Dark Tranquillity (au hasard) peut laisser au monde. Le quintet est dans un perpétuel enjolivement des choses, ce qui lui fait faire des choix esthétiques lissant excessivement la globalité des compositions. Les claviers, principaux fauteurs de troubles (avec des voix claires perchées exactement là où on les attend), prennent une place imposante et, sans bousculer réellement les typologies Death (version moderne) des guitares, aseptisent assez gravement le résultat ("Black Gold"). Ce n’est plus vraiment du Death, ce n’est pas encore du Glam, et ça se fait remarquer. Ah, mais où est donc passé le respect ?

Le principal souci reste en l’occurrence identitaire.
Sur "N", il n’est rien qui rende le groupe plus remarquable que son voisin de chambrée. En ce début 2008, Norther ne se contente que de bien jouer. C’est peut-être assez flatteur, mais c’est loin de suffire.


1. My Antichrist
2. Frozen Angel
3. Down
4. To Hell
5. Savior
6. Black Gold
7. We rock
8. Always & never
9. Tell me why
10. If you go
11. Self-righteous Fuck
12. Forever and ever