Oceansize n'est plus tout à fait le même groupe et sur ce second opus, "Everyone Into Position". Il désamorce certaines des menaces qui avaient enflé dangereusement le temps d'un premier album bruyant, sanguin et vénéneux : "Effloresce". Alors qu'un polissage des couches formant la matière semble faire ordre, "Tout le monde en position" forme un verdict global bien curieux. Le physique s'affermit mais vise aussi une fo'>
Oceansize
Everyone Into Position
Beggars Banquet
open dark psychedelic noise rock
2005
La roue a tourné. Et du coup, un peu d'eau a passé le moulin.
Oceansize n'est plus tout à fait le même groupe et sur ce second opus, "Everyone Into Position". Il désamorce certaines des menaces qui avaient enflé dangereusement le temps d'un premier album bruyant, sanguin et vénéneux : "Effloresce". Alors qu'un polissage des couches formant la matière semble faire ordre, "Tout le monde en position" forme un verdict global bien curieux. Le physique s'affermit mais vise aussi une forme plus ronde, retenue. Les guitares restent capables de déchaînements mais la menace, prégnante, mise davantage sur une stratégie de l'attente. Oceansize signale peut-être que le repli correspond au temps nécessaire à la reconstitution des recharges. Et que plutôt que de laisser champ libre aux fièvres de la jeunesse, il peut s'agir finalement de mieux choisir son moment. Dégainer, d'accord, mais au moment le meilleur. Histoire de finir le sale travail. Ici, la puissance devient l'arme fatale, elle s'économise les gratuités de l'héroïsme. Il y a mûrissement, et fatalement, plus de justesse emporte quelques volumes de cette sauvagerie première. Certains le regretteront, mais la progression esthétique est ici, une fois de plus, réelle et convaincante.
Assurer ses arrières, mais continuer à montrer les dents : c'est donc le choix que semble mettre en branle le quintet sur un second album moins incisif mais bellement inspiré et lyrique. La donne psychédélique surnage au cœur d'un groove patient et vénéneux ("Heaven alive"), précédant l'exutoire noise ("A Homage to a Shame", frénésie incisive) et la forme progressive que tout le monde attend de la part d'Oceansize (le dernier titre, "Ornament / The last Wrongs"). Au milieu de l'album perce, tel un point d'orgue, une lumière : les ambiances froides qui firent le berceau d'une certaine cold wave, réinvestissent le champ, le temps d'emprunter à certains descentes de guitares et arpèges cristallins ("Meredith", hommage déguisé au Cure du début des années 90 ?)
Faut-il regretter "Effloresce" ? Rien n'est moins certain car à l'heure où Oceansize revoit ses charmes, il lui sied aussi de mieux assumer son avancement dans l'âge. La sagesse est en train de prendre le pas sur le déchaînement des pulsions, et ces effluves métalliques s'en ressentent. Elles n'en portent pas moins les stigmates des soubresauts de la vie.
Elles respirent encore, d'une autre manière.
1. The Charm offensive
2. Heaven alive
3. A Homage to a Shame
4. Meredith
5. Music for a Nurse
6. New Pin
7. No Tomorrow
8. Mine Host
9. You cant keep a bad Man down
10. Ornament / The last wrongs