Oestre


Oestre


Auto-production


experimental & brutal metal


2003




S’il souffre à l’évidence de l’absence de moyens de production (et donc d’un son approximatif, notamment dans le mixage des basses et des guitares, jouées avec précision), la force du premier jet autoproduit du quatuor français Oestre est très loin de ne présenter aucun intérêt. C’est même bien le contraire : les atmosphères lancinantes perturbent le jeu de ce Metal brutal et expérimental qui ne se contente pas de se faire juxtaposer parties complexes ("Pixels", terrible de puissance contre "Irréel", le son le plus tranchant du disque) à un chant oscillant entre Death et Black. Inclassables, les litanies de Oestre empruntent autant au Hardcore et au Death Metal qu’au Dark Industriel : les plages atmosphériques synthétiques (« Rasquer ») donnent une profondeur étonnante à des compositions, alambiquées, truffées de riffs inventifs. Si la brutalité prime sur la recherche mélodique, celle-ci n’est pas en reste. On regrettera certes un peu la linéarité de l’approche vocale, mais ce premier album démo révèle le potentiel d’une formation solide et inventive. Oestre bâtit le chaos : cauchemardesque, son Metal revêt un aspect introspectif et physique à la fois, comme si Meshuggah avait digéré les Esprits (« 2001 : Roi de France »). A suivre, et de près. Que les labels se le tiennent pour dit.