Overmars
Affliction, Endocrine... Vertigo
Appease Me... / Candlelight Records
dark side of the core
2005
Une giga torgnole dans la tronche. Pas le goût de mâcher mes mots aujourd’hui. A quoi bon ? Ca fait des semaines qu’Overmars conspirent sans relâche dans l’unique but de m’essorer les feuilles de chou en confiture, alors pour le gant de velours ils repasseront. Bande de tarés !
Oui, dire que « Affliction, Endocrine… Vertigo » a la saveur sulfureuse d’une séance de torture, c’est esquiver la réalité. Qui est bien pire. De fait, cet album que personne n’attendait à pareille enseigne (Appease Me…) ne saurait y être mieux logé, car même si le milieu d’origine du groupe ne tutoie le metal extrême que par des alliances récentes, Overmars n’est pas loin d’être le pendant hardcore des attentats psychiques d’un Blut aus Nord. Concrètement, il n’y a d’ailleurs pas de raison pour que les deux groupes fédèrent des publics radicalement distincts.
Surtout, sa playlist marathonienne et imprévisible font de « Affliction, Endocrine… Vertigo » une véritable expérience d’écoute à géométrie variable, offrant – imposant ? – à l’auditeur plusieurs niveaux de ressenti conditionnés à son humeur et à son environnement lors de l’ingestion. Conséquence, on n’a jamais l’impression d’écouter deux fois le même album car la musique d’Overmars ne s’apprivoise jamais vraiment. Traitre et rocailleuse comme un Neurosis de montagne mais également ivre de longues sérénités low-fi (« En Mémoire des Faibles qui Ont Survécu à Darwin », foudroyant de beauté), elle est aussi polyvalente dans ses réactions que puisse l’être une musique qui façonne un mur d’images complètement cohérentes dans la noirceur et le trouble qu’elle véhiculent. Car c’est bien la même veine qui court d’un bout à l’autre de l’album et irrigue le crassier sans fond des jurassiques « This is Rape » ou « A Spermwhale’s Quest » comme les remous intriguants de l’océanique « Deux Mesures de Solitude », la démence insoutenable de « Buccolision / The Mistaken One pt. II (Geography is Just a Symptom) » – supplice avant d’être chanson – comme les réverbérations soft des cinq leitmotivs « Destroy All Dreamers » où s’épanche tout ce que les autres morceaux ont emmagasiné de tristesse dans leurs gigantesques mâchoires à concasser les émotions.
Parfois délire, jamais délirant, « Affliction, Endocrine… Vertigo » est de ces albums qui vous forgent une carapace contre la médiocrité du cheptel musical ambiant en obligeant à troquer la consommation/appréciation spontanée contre une logique de résistance/fascination initiale. Lors des premières écoutes on peut même être choqué par la longueur même de l’album que l’on estime truffé de conclusions tangibles dont chacune (sauf la bonne…) s’avère en fait enfouie par le séisme suivant. Et puis on finit par en redemander, quoi de plus humain ? Plus rude est l’odyssée, plus haute est la récompense.
Quitte à se faire du mal, autant s’adresser à des professionnels. Révélation.
01. Obsolete
02. This is Rape
03. Destroy All Dreamers pt. I
04. Deus Mesures de Solitude
05. Buccolision / The Mistaken One pt. II (Geography is Just a Symptom)
06. Destroy All Dreamers pt. II
07. A Spermwhale's Quest
08. Destroy All Dreamers pt. III
09. En Mémoire des Faibles qui Ont Survécu à Darwin
10. Destroy All Dreamers pt. IV
11. From Love to Exhausting - The Story of This Intangible Thing Between Us
12. Destroy All Dreamers pt. V