p5ycho 5hop


My Sweet Holocaust


Firefly


sweet electro metal


2008




Les P5ycho 5hop aiment les défis. Ils lancent leur premier album dans un style de métal sombre, avec traditionnel chant féminin aux envolées lyriques. Un domaine assez encombré il est vrai depuis le succès des Gathering (groupe auquel on pousse souvent à l’écoute du disque) et autres Nightwish. Certes, mais là où le duo (trio sur scène) gagne le premier prix de l’audace, c’est pour les moyens retenus : pas de guitare dans cet album ! On est très souvent proche des programmations d’un Bel canto période « Shimmering, Warm And Bright » : nappes élégantes et renfort de piano (« Inferno ») se disputent avec des attaques frontales de beats et de distorsions synthétiques.
Le travail est soigné sans être trop propre : les sonorités orientales et aquatiques se superposent à des charges massives de la section rythmique qui sait rester vivante et chaude (« Rivers », « Toxygene »). La voix de Jessy communique et surplombe un petit monde confortable. Les machines ne sont pas là pour être froides, on est plus dans l’optique développée par Depeche Mode ces dernières années. Pourtant la chaleur exposée reste fragile : si on doit danser, ce ne sera que sur un pied, cueilli par le sérieux des atmosphères (le sombre « Komastar », titre emblématique de ce premier album). La compréhension de l’album nécessite de prendre en considération plusieurs titres car ceux-ci forment un ensemble cohérent qui évitent les redites tout en imposant une vision musicale. L’approche parfois intimiste scelle avec justesse une rencontre entre électronique et metal gothique (« Butterfly Inc »).
En pleine vague froide de la synth-pop minimaliste et dansante, ce retour français aux premiers sons électro-métal-indus (les Y Front, Sin et autres Spina nationaux) s’avère digne d’intérêt. En portant l’attention sur un chant plus abordable, moins rock, P5ycho 5hop peut espérer capter un public de curieux auquel il impose des structures plus complexes, plus denses et parfois cinématographiques (« 1999 » rejoint avec brio un Angelo Badalamenti). La richesse de construction des morceaux – on ne cherche pas le tube ultime - serait la transposition d’un certain idéal romantique : alliance d’une spiritualité sur un terrain abrasif, excursions orientalistes et plaintes suivies d’extases.
Oui, l’oxymore du titre de l’album est précieuse, car le groupe marie efficacement douceur et violence au travers de composition qui cherchent le sentimentalisme sans en faire trop (« Jaywalker »). A eux de parfaire leur propos en resserrant leur univers sur ce qu’il a de plus précieux : la délicatesse des évocations, la gravité des sonorités.


1. Intro
2. Black Water
3. Spicy
4. Astoria
5. Inferno
6. Jaywalker
7. Rivers
8. Komastar
9. Butterfly Inc.
10. Hero
11. Toxygene
12. 1999