Paradise Lost


At the BBC


Strange Fruit


gothic metal


2003




Il est encore des personnes qui regrettent le style développé à l'origine par Paradise Lost. Et c'est en priorité à eux que cette compilation de sessions et de morceaux live s'adresse. Le disque se découpe en deux parties : principalement axé autour du triptique "Shades of God" - "Icon" - "Draconian times", il est dichotomique. Sa première partie expose des sessions enregistrées en direct pour la BBC, quand la seconde préfère retranscrire un concert de la période "Icon". La plupart des titres restent fidèlement joués, et font l'objet d'un enregistrement très acceptable ; mais on préfèrera la couleur des bandes en concert à celle, plus sèche, des sessions radio. Le classique "As I die", bénéficie d'une retranscription dans les deux formats : la version live est dantesque, traduisant avec superbe toute la puissance de l'original. Ce fait n'est pas valable pour toutes les prises même si dans son ensemble, le disque reste excellent : ainsi, les morceaux qui "souffrent" le plus (c'est là beaucoup dire) de l'enregistrement "radio" restent ceux de l'album "Draconian Times" : non que la voix de Nick Holmes y faillisse (il n'y a pas ici de contre-performance, comme cela peut parfois lui arriver) ou que le groupe joue en-dessous de son niveau, mais tout le soin et la brillance apportés à la production sur l'album original rendent difficiles à accepter ces versions plus crûes de "Shadowkings", "Once solemn" ou "Yearn for change" qui clôturent la première partie de la compilation. Le son du concert, pour sa part, met en relief la lourdeur première de l'oeuvre de Paradise Lost et voit Holmes tenir son rang de chanteur avec hargne et inspiration, pour notre plus grand bonheur, et dans le grand intérêt des morceaux issus de "Icon". A l'époque, l'électronique ne gouvernait pas encore l'écriture de Greg Mackintosh, ce qui influa considérablement la couleur très lourde, roots, de ces bandes live. En clin d'oeil à la nostalgie, ce "Paradise Lost at the BBC" reste une pièce curieuse à ranger à côté des classiques, mais qui n'amènera pas, pour notre part, à nous faire regretter une évolution brillante. Passé ce bon moment, nous nous réfugierons dans le crucial "One second" ou dans le cocon dernier, "Symbol of life", dont on ne s'est pas encore remis.