Paradise Lost
Forever After EP
GUN Records / BMG
metal influenced by gothic colours
2005
"Forever after" est le premier single à venir défendre le nouvel album éponyme de Paradise Lost. Choix compréhensible, car ce titre constitue l’une des mélodies les plus directes du disque avec "Grey", qui avait un temps été retenu pour occuper la place de single initial.
Via ce format EP (bien plus riche que le format maxi, qui ne contient que deux inédits), Paradise Lost offre un objet double face (audio + DVD), et en profite pour y caser une collection plutôt intéressante de titres restés inédits. Les quatre "raretés" qui figurent sur le CD, constituent bel et bien l’entièreté des sessions qui n’ont pas été retenues pour le tracklisting final de l’album. La morale est simple : "Paradise Lost" + "Forever After" = intégrale des travaux réalisés par le groupe anglais pour le nouvel album. Ou comment jauger avec plus de précision l’état des troupes.
Eh bien, disons qu’elles ne se portent pas trop mal. Si la partie DVD de l’objet n’offre que peu de choses intéressantes, chacun des titres inédits présents sur le EP vaut son petit pesant de cacahuètes. Revue de détail :
"Through the Silence" :
Des suites mélodiques et des riffs parmi les plus étranges composés par le groupe depuis "Believe in Nothing". Piano en suspension pour l’atmosphère, fins arrangements électroniques sur les phases transitionnelles, tandis que les riffs rejoignent la période "Icon" / "Draconian Times" sur les couplets. Paradise Lost signe là l’un des titres les moins directs et les plus étranges des dernières séances d’enregistrement. Intéressant.
"Sanctamonious you" :
On revient à des formats plus lents, dont les couleurs des guitares (mais pas leur production) ramènent en plein "Icon". Le refrain permet à Paradise Lost de prendre son envol, tandis que le reste du titre reste ancré dans un style plus économe et ténébreux. Nick Holmes confirme son retour à un chant plus volontaire. Un titre audacieux, et enthousiasmant.
"Let me drown" :
Un des titres les plus élancés du EP : refrain héroïque, sur lequel Holmes laisse sa voix retrouver ses facultés déclamatoires, à la lisière de la période "Draconian Times". Paradise Lost réaffirme ici sa capacité à forger un son heavy et moderne, contrasté mais dont le référentiel Metal domine sur les tentations électroniques.
"A Side you’ll never know" :
Si l’introduction peut faire penser aux atmosphères glaciales de "Host", la suite voit les guitares dominer un propos plus acéré. Paradise Lost est plus frontal, à l’image d’une approche qui gouverne aussi l’entièreté du dernier et lourd album.
Le EP s’achève donc sur l’impression d’une formation qui se retourne quelque peu vers son passé sans pour autant le ressasser. Le groupe joue bien, mais projette une image de lui-même plus ancrée dans la modernité que ce qu’il développa dans les années 90. Le EP préfigure ainsi la synthèse opérée sur l’album, qu’on trouve un poil plus efficace dans l’ensemble. Mais tout cela constitue une bien bonne mise en bouche.
1. Forever after
2. Through the Silence
3. Sanctamonious you
4. Let me drown
5. A Side you’ll never know