Persephone
Atma Gyan
Trisol
ethno neoclassical atmospheric dark
2004
« Home », le premier album de Persephone, le projet parallèle de Sonja Kraushofer (L’Ame Immortelle), nous avait agréablement surpris, par son originalité et par son atmosphère dérangeante et atypique. Son successeur « Atma Gyan » enfonce le clou. La chanteuse allemande et ses acolytes Matt Howden (Sieben, ex-Sol Invictus), Martin Höfert (Sopor Aeternus), et Wim Leydes (ex-Christian Death) viennent de donner naissance à un véritable chef d’œuvre débordant d’émotions, enrichi d’une musicalité nouvelle et agrémenté de textes sublimes.
On retrouve le côté épuré et énigmatique de « Home » sur le premier titre, « My Music is gone », les premières traces d’une orientation nouvelle, plus ethno world se fait dès lors sentir. « Facing the ruins » nous offre une pièce symphonique, majestueusement céleste, appuyée par des guitares lourdes dans l’esprit de « The man who swallowed my soul » du précédent album. Puis, « Lost » introduit définitivement le nouveau profil de Persephone : un mélange de percussions typées ethno et d’ensembles orchestraux classiques. Les instrumentations sont belles à pleurer, les performances de Sonja sont remarquables, elle parvient à elle seule à créer des ambiances fantomatiques ; souvent sur le fil du rasoir, son chant est extrêmement expressif et reflète parfaitement les émotions exprimées par ses mots. Puis suit le sublime « My sweetest pain », le titre le plus émouvant d’ « Atma Gyan », centré sur un piano et sur un ensemble de cordes, ce morceau est parcouru d’une tristesse saisissante, survolé d’un texte tout aussi bouleversant. « Secret Garden » renoue avec le côté expérimental de Persephone, en mettant en œuvre sonorités dérangeantes et spoken words alors que « Eternal Grief » nous conduit au début du 20ème siècle avec son effet « vieux poste de radio ». Puis les percussions et les violons fusionnent pour faire de « Black Widow » le morceau le plus rythmé et le plus prenant de l’album. Ses envolées sont réellement poignantes, le volume et les émotions montent crescendo, et la performance de la chanteuse est ici, plus que jamais, parlante de vérité. « Shadow dance » installe une atmosphère plus légère, teintée de cold wave, mais dissimulant une mélancolie sous-jacente, après que « Our dream » nous ait fait profiter d’une pause plus intimiste. « The end of the world » marque une seconde trêve, uniquement vocale, et nous mène vers des cieux paisibles au gré des vocalises d’une chorale, mais l’inquiétude qui transparaît tout au long de l’opus, reste palpable. Avec « Lullaby » le calme s’installe de nouveau avant qu’ « Atma Gyan » se termine sur une prestation plus grandiloquente.
Avec « Atma Gyan », Persephone s’est inventé un style définitivement à part, et s’est fait une petite place dans la cour des grands. Alors si vous êtes amateur d’heavenly voices, suivez sans crainte la déesse dans son parcours entre le monde des morts et le monde des vivants, le voyage promet d’être riche en émotion…
01. My Music Is Gone
02. Facing The Ruins
03. Lost
04. My Sweetest Pain
05. Secret Garden
06. Eternal Grief
07. Black Widow
08. Our Dream
09. Shadow Dance
10. The End Of The World
11. Lullaby
12. Atma Gyan