Prime Sinister
United In Violence - LP
Sins Records / Season Of Mist
rock lourd, très lourd : stoner ?
2008
Apreté du rock dur ! Avec les Prime Sinister, il n’est qu’à lire les remerciements pour se sentir en famille et on doit déjà féliciter un groupe qui lit les chroniques et en tient compte. C’est vrai qu’on avait aimé la démo quatre titres du groupe et leurs concerts assommants de brutalité sonore, même pour des spécialistes. L’album sort enfin, enrichi d’une expérience plus forte en studio, d’une tournée de quelques dates avec une première partie de Hawkwind à Londres et d’une couvée du label Sins Records.
D’emblée, on se reprend des impacts plein la tête et rien d’étonnant à ça de la part d’un groupe qui nous a habitué à exploser les murs en live. On retrouve donc toute l’énergie du EP renforcée par un son très agressif (« In Guns We Trust » : la chanson des motherfucker !, « Son Of A B*tch », « Buried Alive » qui rivalisent de rafales…). La belle surprise, c’est que le trio sait aussi adoucir ses attaques au profit d’un sens du riff et de la mélodie qui réchauffe l’esprit (« So Close »). « Death Will Pay » redonne foi au rock le plus sale et violent. Rock, entendons-nous, apte à ravir une troupe de bykers assassins sans foi ni loi, fans de la troupe de Lemmy.
La force supplémentaire de Prime Sinister réside dans leur utilisation des avancées technologiques. Très discrètement, les samples de films (en anglais ou français, « The Riot Bursts »), les sections rythmiques aux sonorités indus (remember Ministry) habillent sans la maquiller leur haine (« Bum’s Fight »). Les guitares fusent, lancent des pointes thrash, un clavier plane, désespérant, et hante les titres. On n’est donc pas dans la resucée de Motörhead, mais dans la transposition en 2008 de leur violence mécanique. Cette fusion d’un son roots, brut (« raw » diraient les Stooges) avec un mix impeccable grave des traces sur le bitume hexagonal (la tournée se prolonge) et ce premier album soude de grands espoirs pour la suite.
Quelles sont les imperfections ? Tout d’abord, ce qui donne son essence au groupe : un profond sentiment d’unité tout au long du disque, mais la traditionnelle image du rouleau compresseur a encore des adeptes. On peut aussi revenir sur des solos qui se font verbeux au fur et à mesure du disque. Le CD est agrémenté du clip de « In Guns We Trust » dans sa version non censurée… Parfait petit film noir (très corsé) pour se donner le coup de fouet des matins blêmes, quand on se rase, sans penser à rien, et que l’eau de la douche se teinte de rouge…
Le trio armé, plus poétique du pire que politique du mieux, livre avec cet album une cible de choix pour les amateurs de tirs rapprochés. Ils nous ont prévenu : « You’re dancing your last dance ». Hé, Messieurs les Sinistres, nous, on aime bien danser avec vous !
1. Last Dance
2. Death Will Pay
3. Bum’s Fight
4. Eat The Flesh
5. Don’t
6. So Close
7. Son Of A B*tch
8. The Riot Bursts
9. The Den Of Demise
10. Doom Or Be Doomed
11. In Guns We Trust
12. Buried Alive