QNTAL
Translucida
e-Wave Records/Drakkar Entertainment
Electro-Medieval
2008
Que l’on apprécie ou pas la musique de QNTAL, la personnalité artistique du trio reste unique depuis plus de quinze ans qu’ils arpentent la scène gothique. Impossible de ne pas reconnaître dès les premières notes le chant de Sigried Hausen ou le sens de la composition de Michael Popp, les volutes électroniques, les instruments médiévaux et les mélodies entraînantes et/ou mélancoliques à l’accent si typique.
Retour rapide de la formation, donc, pusique son dernier opus en date datait de 2006. Le successeur de « Silver Swan » en conserve les contours plus fins, plus calmes et apaisés bien que toujours mélancoliques, satinés et mystérieux, mais redonne nettement plus d’importance à l’électronique. Discrète il y a deux ans, saupoudrant des étincelles délicates sur de belles ballades atmosphériques et médiévales soyeuses mais plus organiques, l’électronique revient en force sur un « Translucida » aux visées apparemment plus froides : QNTAL semble vouloir emmener l’auditeur en voyage dans des contrées au charme polaire, ce qui n’était pas vraiment le cas des plus chaleureux « Ozymandias » et « Silver Swan ». Le son reste empreint de sa majesté liturgique et profonde, prouvant au passage que l’électronique n’est pas opposée à l’évocation du passé, les nappes atmosphériques, tout sauf évidentes, cherchent avant tout la beauté, l’intensité, l’évocation visuelle, et les trouvent.
Si « Translucida » ne constitue pas un tournant dans l’histoire du groupe electro-médiéval Allemand, si son art alterne expérimentations, clins d’yeux à son propre passé et habitudes structurelles et harmoniques, son écoute n’en reste pas moins extrêmement plaisante et entièrement convaincante : l’album offre des mélodies inventives et personnelles avec grande générosité (le à la fois festif et mystérieux « Glacies »), et certaines sont d’indéniables trouvailles qui se savourent toujours plus au fil des écoutes comme un « La Froidor ». QNTAL confirme par le biais de sa nouvelle oeuvre : il n’a jamais cherché les mélodies faciles. Les siennes ne peuvent appartenir qu’à lui, les choix mélodiques sont voluptueux, délectables. Et il faudrait être bien tatillon pour bouder une si sapide friandise, du mélancolique et tamisé « Obscure » à l’hymnique « Sumer », en passant par l’insolite « Departir » chanté en vieux français, toujours sertis de ce travail ciselé et pertinent de l’électronique, évitant l’écueil de la sonorité dance et de la monotonie trop téléphonée. Pas de réinvention, juste une poursuite que l’on pourrait critiquer pour son manque d’audace : mais la sincérité suinte de ces émotions si particulières inhérentes aux chansons du trio, toujours entre ombre et lumière, idéalisme passéiste et rythmiques electro rutilantes.
Les férus de belles atmosphères n’ont pas à hésiter. Et ceux qui connaissent déjà bien la carrière du projet peuvent poursuivre l’aventure sans la moindre hésitation. Il fait bon passer un moment avec QNTAL.
01. Sleeping
02. Departir
03. Slahte Wille
04. Translucida
05. La Froidor
06. Glacies
07. Worlds Of Light
08. Obscure
09. Sumer
10. Amorous Desir
11. Ludus
12. Passacaglia