Reverend Bizarre


Harbinger of metal


Spikefarm Records


old school doom metal


2004




Depuis la moitié des année 90, les finlandais Reverend Bizarre font survivre le Doom dans sa formule traditionnelle : plus touché par la grâce de Black Sabbath et les ténèbres de St Vitus et plus imprégné du gras de Cathedral que par les tournures actuelles du Doom nordique et anglais, le son de Reverend Bizarre s’appuie sur une production très rock et avare d’effets. C’est ce qu’on nomme le « old school » : le trio se suffit à lui-même, saturant l’espace de saturations diverses (guitare, basse, tout y passe). Pas d’orchestrations, seules des rythmiques tribales en guise de rappel. Le vocaliste / bassiste Albert Witchfinder, dont le jeu très typé Geezer Butler (« Strange horizon » et ses notes en suspension) accroche les mesures, appesantit encore des parties de batteries qui, dans le genre, jouent plus sur le minimalisme et le ralenti que sur la démonstration de force. Witchfinder se révèle très sobre dans ses choix de voix : clarté au programme, seventies en fond. En cela, ce nouvel E.P. de cinq titres (pour soixante quinze minutes, un E.P. TRES prolongé, en somme…) prolonge la donne du premier album, « In the rectory of the bizarre reverend » sorti en 2002. Les morceaux s’étirent au maximum, laissant la voix traîner au second plan derrière les guitares, pour frôler à deux reprises les vingt minutes (« From the void », « The wandering jew »). Il est une impression d’implacabilité qui découle de « Harbinger of metal », comme si ces Gardiens d’un genre ancien refusaient toujours que les portes s’écroulent. Il y a en cet enregistrement comme un appel, une survivance. L’histoire du rock s’y écrit un instant, s’y arrête aussi. Les dernières croyances appartiennent à Reverend Bizarre.