Rome
Masse Mensch Material
Cold Meat Industry
pop / neofolk
2008
Deux ans… ! En seulement deux ans et quatre réalisations discographiques, Jérôme Reuter, géniteur du projet neofolk apocalyptique Rome, a assis sa souveraineté dans son domaine. Prolifique et d’une constance qualitative frisant l’insolence, le Luxembourgeois n’aura eu que peu de peine à rallier une majorité à sa cause musicale.
Très peu de temps sépare cette nouvelle offrande d’un précédent effort ("Confessions d’un Voleur d’Âmes") qui, grâce à une production de tout premier choix, eut un retentissement légitime dans la communauté dark folk et apparentés. Dès la première écoute de "Masse Mensch Material", il est clair que celui-ci ne semble pas avoir été affecté par une précipitation mal négociée. En effet, nous nous apercevons rapidement que le feu brûlant de la créativité taraude toujours l’esprit de l’homme. Dès les premières mesures de "Der Brandtaucher" et l’apparition de cette signature vocale unique, le spectre d’une réussite artistique intemporelle s’annonce, évinçant le moindre doute quant à la teneur de ces douze nouvelles compositions.
Musicalement, Rome se veut aujourd’hui moins abrasif, abrupt et oppressant, Reuter semble un tantinet moins torturé et belliqueux dans son approche. A l’image de "Wir Göter der Stadt", cette légère remise en cause artistique définit les contours d’une finalité plus accessible sans toutefois perdre cette identité si singulière et attachante. La dimension folk ("Die Nelke") n’a point disparu du décorum, elle est d’ailleurs profusément mise en exergue et sert de point d’ancrage à l’œuvre. Quant à l’approche martiale et sa tonalité inquiétante, force est de constater que sur "Masse Mensch Material", elle demeure mise en retrait au profit d’une utilisation de cordes dominantes. Sur le plan du partage émotionnel, on atteint ici des cimes de magnificence tant le songwriting est soigné et les interventions vocales, savamment mises en avant par la production. Un véritable envoûtement pour les sens ("Der Erscheinungen Flucht", "Neue Erinnerung") ! Aussi, une marche militaire angoissante franchement réussie ("Die Brandstifter") apporte un soupçon de fantaisie tombant à point nommé, et porte à son apogée un ensemble mirifique à la richesse intrinsèque épatante.
Cette nouvelle réalisation du Luxembourgeois s’avère être ni plus ni moins la mise en lumière d’un talent en pleine explosion. Aucun détail n’a été omis pour faire de ce "Masse Mensch Material" une pièce musicale d’exception. Dans le cas présent, on ne peut parler de maturité dans la mesure où "Nera", le deuxième album, présentait déjà un niveau d’écriture exceptionnel. En bref, Rome est devenu "grand" en très peu de temps, les sorties se suivent et se ressemblent quant à la qualité qu’elles renferment. De toute évidence, personne ne s’en plaindra.
01. Sonnengötter
02. Der Brandtaucher
03. Das Feuerordal
04. Der Tote Spielmann
05. Wir Götter der Stadt
06. Die Nelke
07. Der Erscheinungen Flucht
08. Die Brandstifter
09. Kriegsgötter
10. Wir Moorsoldaten
11. Neue Erinnerung
12. Nacklang