Rush
Rush in Rio
Anthem / Atlantic
rock progressif
2003
Geddy Lee a démarré l’aventure Rush en 1974 avec un album éponyme singeant Led Zeppelin mais laissant augurer des dimensions progressives qu’il prit concrètement par la suite. Les choses se sont vite compliquées (et là, entendons le sens positif du mot) pour aboutir sur « A farewell to kings » à l’union la plus parfaite entre le rock (dans ce qu’il a de plus incisif) et la progression dans les structures musicales labyrinthiques. « Rush In Rio » parait aujourd’hui après l’ultime album studio du groupe, « Vapor trails ». En trente ans, la formation de Rush n’a pas bougé d’un iota. Sur scène, ça se sent : la cohésion du trio Peart / Lifeson / lee est totale et donne lieu à une prestation affûtée musicalement, et captée sur un seul concert donné à Rio par un mixage très à la hauteur mais rendant le public un peu parasitaire. Ils font du bordel, à Rio. Le dernier triple live (« Different stages – live », 1997) restant une référence, ce nouvel essai du genre nous rafraîchit aussi la mémoire en proposant une série de morceaux alliant l’efficacité primale (« Distant early warning », « Dreamline ») aux côtés plus pointus de la musique de Rush (« YYZ »). Rush atteind par moments les sommets de son art (« Natural science ») et prouve (une fois de plus depuis le cultissime album live « A show of hands ») que trois protagonistes qui s’entendent peuvent remplir l’espace jusqu’à le saturer : les guitares d’Alex Lifeson ont une belle brillance et n’insistent pas trop sur les aspects futils type soli, et se conjuguent avec perfection aux syncopes tueuses de neil Peart. Geddy Lee, lui, chante toujours aussi bien (ou presque) et termine le set par « Working man », premier morceau du premier album. Rush est toujours en vie, et la boucle est bouclée.