Scald
Fluke
Vermitronic Systems|Midhir Records licen
Grind-core
2008
Scald est un groupe de Grind-Core irlandais violemment anti-catholique. Chacun de ses albums n’est ni plus ni moins qu’un prétexte à cracher sur le Pape et sa haute administration vaticane des salves de paroles au vitriol. Ou, pour le dire plus clairement, comment Benoît XVI et ses potes s’en prennent 43 minutes durant plein la gueule !
Fluke est un album étrange et dérangeant - mais surtout ennuyeux - découpable en deux parties bien distinctes. Cinq titres grind purs et durs au chant rustre accompagné de grésillements tordus qu’on apparentera plus ou moins à des guitares, puis une piste finale de vingt-cinq minutes, sorte d’intrusion sonore conceptuelle dans les palais des grandes pontes catholiques, visite guidée dans l’antre du mal vêtu des aubes cardinales rouges du bien.
Si toute démarche anticléricale peut s’avérer salutaire en ces temps d’obscurantisme religieux renouvelé, celle de Scald est avortée dans l’oeuf pour une raison essentielle et pourtant toute simple : sans être tout à fait inaudibles, les cinq premiers titres sont insipides, mal exécutés, mal produits. Tout ce qui donne au genre ce côté bête et méchant. L’oeuvre ne s’adresse qu’au public averti d’un certain Grind-Core underground ultra. Et encore, survivra-t-il à l’écoute de la dernière piste qui aurait pu servir jadis de moyen de torture sous l’Inquisition tant la durée du supplice paraît interminable ? Pas sûr. Imaginez donc : vingt-cinq minutes de pas qui résonnent dans des couloirs sans fin, des trucs et des machins qui s’entrechoquent et tintinnabulent (allez savoir quoi), des chuchotements, des gémissements, du blabla de messe... et en latin s’il vous plaît.
C’est à se demander ce qui doit révolter le plus : les dogmes surannés d’une religion dont les technocrates du divin autoproclamés profitent pour asseoir leurs ambitions personnelles, ou leurs plus féroces détracteurs qui en oublient jusqu’au respect de leur art (ici musical) tant les ronge cette belliqueuse colère d’athée mal embouché ?
Car Scald ne fait pas, avec cette haine de l’Eglise au premier degré, dans un romantisme noir cher aux meilleurs groupes de Black Metal dont l’approche littéraire de l’anticléricalisme confère à leurs textes appuyés de codes musicaux qui conviennent, une dimension esthétisante. Scald attaque la religion frontalement et son approche se veut donc politique. Les propos accusateurs, si justifiés soient-ils, ne peuvent être scandés à la légère. Il faut un minimum de perspective et de pédagogie. Malheureusement, les arguments de Scald sont rares - sinon celui de la violence contre la violence. Qui plus est, l’analyse des conséquences de l'action de l’Eglise dans le sens de l’Histoire, par exemple, et autres interrogations sérieuses qui s'imposent dans le cadre d'une critique constructive de l'implication effective du Vatican dans bon nombre de scandales à travers deux mille ans de catholicisme, s'avère assez pauvres.
D’aucuns d’entre nous penseront malgré tout que l’athéisme reste un gage de raison. Certes, à condition qu’il ne soit pas de mauvaise foi.
01. Larva
02. Cocoon
03. Lumbricoid
04. Trematoid
05. Helminth
06. Passera