Scum
Gospel For The Sick
DogJob Records
lourd punk-metal-rock industriellement malade
2005
Scum est la rencontre repoussée, annulée, ré-actualisée de furieux sauvageons de la nébuleuse rock extrême. Depuis quelques années, ces individus souhaitaient réaliser un album qui impressionnerait le monde de la musique, tant par son contenu musical que par la réunion de plusieurs personnalités…
Qui ? Mais qui donc fait partie du projet ? Casey Chaos (Amen), Samoth (Zyklon, ex-Emperor), Faust (ex-Emperor), Cosmocrator (MindGrinder) et Happy Tom (Turbonegro) sont les étoiles centrales. Ce n’est pas tout car, en invités, ce sont Nocturno Culto (Darkthrone) et le nasal Mortiis qui sont venus prêter voix forte ! Une apocalypse à sept cavaliers ?
Liste des ingrédients : du punk, deux membres d’un des fleurons du black metal, du rock dégénéré, du grind et un iconoclaste touche à tout sont donc rassemblés avec un mot d’ordre : chacun est le leader. On imagine les combats en studio, les bandes effacées, les guitares ou les micros cachés, les amplis poussés à bloc pour noyer le copain concurrent. On a tort et on a raison à la fois.
Ce qui surprend, après une intro au son en retrait, c’est la force d’impact de Scum. Les guitares forment un mur liquide et métallique à la fois, la voix se creuse une place sans problème et la structure est riche. D’un départ thrash, on se retrouve à un break rock, puis dans un final à la batterie hachoir post-Ministry. Ces variations ne forment en rien des collages mais assurent une continuité plutôt imparable. Tous les instruments s’entendent et on imagine le travail qu’il a fallu fournir dans les bas-fonds des Crystal Canion Studios (Oslo) pour enregistrer et mixer l’ensemble de ces pistes. C’est Knut Schreider (Euroboy) qui s’y colle et, entendant ce qui se passe, nous dit la bio, il décide de s’intégrer au projet ! Diable, voilà qu’ils sont huit maintenant !
Du coup, le deuxième titre, le bien nommé « Gospel For The Sick », regorge de cris, de vocaux démentiels, assénés dans le bon sens et poussés au cul par une formidable machinerie de riffs. Nés pour tuer ? On a tout ce qu’on aime : de la fureur, de l’arrogance, de la froideur, de l’organique, du prêcheur, du vindicatif et une absence de pitié pour l’auditeur.
On continue dans le même délire en mixant punk-rock, hard-core et indus tandis qu’un paysage Oï défile. On n’y croit pas. On ose imaginer une tournée de la horde… Qui tiendra dans le pit lors de « Deathpunkscumfuck » ? Tant quand on y est, on peut y voir une transposition infernale des band-aids niaiseux. Les guitares hurlent dans les recoins, des bandes passent et absorbent la lumière avant de la retourner en spot énorme (« Truth Won’t Be Sold »). Faust, lui, se joue de tous les gimmicks de frappe et les ré-assemble dans son chaudron.
Et, titre après titre, Scum conserve son énergie, ménageant quelques temps de repos narquois et lourds (« Road To Sufferage »). Hommage est rendu à l’ancêtre heavy-metal comme pour une boum assourdissante envahie par les GBH ou Exploited (« Hate The Sane »). Plus loin, c’est l’indus des nineties qui est étripé avec soin façon Bathory (« Backstabbers Go To Heaven »). Les étiquettes s’envolent avec bonheur. Trois semaines pour créer et enregistrer douze titres, dix sur l’album. Dix titres offerts comme on donne un coup de poing avant de tourner le dos, sûr de sa victoire. Fatalement monstrueux.
1. Protest Life
2. Gospel For The Sick
3. Throw Up On You
4. Night Of 1000 Deaths
5. Truth Won’t Be Sold
6. Hate The Sane
7. Deathpunkscumfuck
8. Road To Sufferage
9. Backstabbers Go To Heaven
10. The Perfect Mistake