Septicflesh
Communion
Season Of Mist
orchestral extreme metal
2008
Les metallers grecs, disparus de la circulation après "Sumerian Daemons" (2004), semblaient avoir rendu l’âme. Christos Antoniou parti se concentrer sur les dernières ambitions orchestrales de Chaostar et de la musique de jeu vidéo, on n’aurait que peu parié sur le retour de Septic Flesh. Surtout dans une forme pareille.
"Communion", album "du retour", n’impose pas qu’un nom écrit désormais en un seul mot ("Septicflesh"). Il laisse un son des plus typés reprendre possession de l’espace, au plus fort de ce que les Grecs sont capables de donner. Orchestrations impressionnantes de virtuosité et intégrées au mix avec grande maîtrise, son de guitare surpuissant, sens de l’extrémité et de la conjugaisonde cette dernière à l’impératif mélodique, tout est réuni pour faire de ce disque à la production incomparable un des futurs classique de Septicflesh. Ni plus, ni moins.
Là où "Sumerian Daemons" laissait le souvenir d’une démonstration se puissance sourde, "Communion" signe un son plus emphatique, plus ouvert à la mélodie mais qui se défaut pas de ses lourds atours death. Certaines tournures, telles "Satellite Moonlight" ou le final et héroïque "Narcissus", rappellent très fortement les espaces de mélodicité et le clin d’œil aux guitares les plus héroïques du Gothic-Metal, qu’avaient conquis le débattu et plus qu’enthousiasmant "Revolution DNA" de 1999.
Enregistré aux studios suédois Fredman avec le soutien d’un orchestre de quatre-vingt musiciens plus un chœur d’une trentaine de personnes, "Communion" parvient au résultat que présuppose la participation d’un personnel aussi vaste : l’album a quelque chose de gargantuesque, orgiaque. Pour autant, sa démonstration n’est pas que celle qui passerait par de gros effets de manches. Tous les titres ont été pensés comme rarement, les Grecs parvenant avec un recul expérimenté à fusionner la majesté des cordes aux grumeleux lourd et menaçant des saturations. "Communion" joue ainsi sur de forts contrastes ("Persepolis", pièce hautement cinématographique) et permet aux voix claires de Sotiris V de refaire quelques apparitions ("Sangreal").
In fine, voici l’un des disques les plus complets, et ce sur tous les plans, que Septicfleh ait pu réaliser jusqu’ici. "Communion" ne se contente pas de signer un "retour", ce disque n’est pas gratuit. Son ambition reste dans la modernisation et le grossissement des formes du Death Metal voire du Metal extrême tout court, et ses nouvelles trouvailles font de cette musique quelque chose de trop riche pour que l’on se permette encore de la limiter à un simple "genre". Septicflesh tient la dragée haute à la concurrence, après ce qu’on a crû être sa fin.
Incontournable.
1. Lovecraft’s Death
2. Annubis
3. Communion
4. Babel’s Gate
5. We the Gods
6. Sunlight Moonlight
7. Persepolis
8. Sangreal
9. Narcissus