Sepultura
Dante XXI
SPV
thrash brut et expérimental
2006
Intro en borborygmes inaudibles et bande inversée pour ouvrir ce concet-album en hommage au père de « La Divine Comédie ». Dans un entretien pour le webzine [url=heavymusic.free.fr[/url], Andreas Kisser déclare :
« Je me suis également penché sur la vie de Dante. Pourquoi a-t-il écrit, où et quand ? Nous avons appris qu’il a eu beaucoup de problèmes avec les politiciens, qu’il est mort en exil, qu’il n’a pas pu revenir à Florence et qu’il a souffert de la sanction de l’Eglise et de toutes ces merdes. Tout cela se passe toujours aujourd’hui et c’est pour cela qu’on a appelé l’album « Dante XXI ». En regardant le monde du 21ème siècle dans lequel on vit et celui décrit dans le livre 700 ans plus tôt (…), nous avons ressenti beaucoup de similitudes. Nous vivons toujours dans un monde très chaotique. »
Alors, pour retracer ce chaos, le Sepultura 2006 aletren les ambiances et encadre ses pulsions mortelles d’écrins de sensibilité. « Dark Wood Of Error » joue dans la cour industrielle avec un son qui va chercher la modernité sèche plutôt que la lourdeur (le break de « Convicted In Life » confirme lui aussi que Metallica ne s’était pas totalement égarés avec « St Anger »…). Si on reste cependant bien dans la sphère métal avec des solos déstructurés et tapageurs, des accélérations, des parties de voix bien agressives (« False » classique et simple reprenant les éléments de « Roots »), des riffs estampillés fin des années 80 (démarrage de « Fighting On »), on préfère cependant le Sepultura de « Repeating The Horror », incisif, brut, direct et sec. La partie de batterie y est fortement dansante, tribale, même ; un bon morceau que Roy devra maîtriser s’il remplace Igor sur la tournée européenne.
Le travail de recherche, un constante chez les Brésiliens depuis plus de dix ans désormais, est cette fois plus qu’intéressant avec des intros mobilisantes (sitar en intro de « City of Dis », rock en ouverture de « Fighting On », violons hargneux qui placent sur orbite « Crown And Miter », bruitisme symphonique de « Still Flame »), des incursions d’instruments peu orthodoxes (cordes sur le final de « False », cuivres pour « Nuclear Seven ») ou des murmures plus que bienvenus sur « Fighting On »). Derrick adapte sa voix à toutes les configurations achevant l’album sur un « In Flame » surprenant et dont on attendra la transposition sur scène au moyen de samples. Dommage que les rumeurs persistante d’un retour de Max altèrent la perception première de l’album.
Et même si on peut regretter quelques fautes de goût (les chœurs de « City Of Dis », le peu d’innovation de « Fighting On », la batterie convenue du final de « Ostia » et ses nappes de violon, plus niaises que languides), le simple fait qu’un morceau (exotique à la Olen’k !) comme « Still Flame » existe mérite les applaudissements : il révèle la volonté d’un collectif de ne pas stagner, de se remettre constamment en question et d’aller de l’avant sans suivre les modes et malgré les difficultés rencontrées. L’album étant très court, les fans se mettront aussi devant les yeux le DVD.
1.Intro
2.Dark Wood Of Error
3.Convicted In Life
4.City Of Dis
5.False
6.Fighting On
7.Ostia
8.Buried Words
9.Nuclear Seven
10.Repeating The Horror
11.Crown And Miter
12.Still Flame