Shadows Dance
A Quatrain for the Damned
Ebony Tears / Adipocere
metal gothic atmospheric symphonic
2003
Le premier album des grecs de Shadows Dance est troublant. Il tire en effet dans tous les sens, empruntant ses références à une multitude de groupes phares de la scène métal depuis plus de dix ans, fusionnant celles-ci dans un moule metal atmosphérique qui semble dès le départ bien trop étroit. Dès le premier titre «Licking The Limbs of Abyss» le ton est donné : arpèges calqués sur Moonspell, plages symphoniques et chant féminin dignes de Therion. Le deuxième titre «Last Kiss» copie furieusement Septic Flesh avec ses bases gothiques coulées dans une metal passionnant et ne dédaigne pas des chœurs comme Chaostar sait les faire. Et chacun des sept titres met à rude épreuve nos souvenirs, évoquant à coup sûr des choses déjà entendues, metal gothique, atmosphérique, black (à la Cradle of Filth avec «Until the Young Whore Sings») ou symphonique.
Mais le plus étonnant est que l’auditeur a du mal à savoir s’il faut crier au scandale ou bien au contraire profiter de «A Quatrain for the Damned» pour ce qu’il est : un album bien exécuté construit comme un hommage à tout un pan du metal et du gothic («Dance in the Storm » suinte les Fields of the Nephilim), cette frange qui nous touche depuis longtemps et devant laquelle on ne peut rester insensible. Alors fatalement et si on n’y met pas de mauvaise volonté, on se surprend a se laisser entraîner par les petites perles concoctées par Shadows Dance, parfois à la limite du kitsch mais plus souvent truffées de plans superbes. On vous le disait, cet album est… troublant !