Sigh
Hangman's Hymn
Osmose Productions / Socadisc
Avant Garde Black Metal
2007
Il est coutumier d’accorder au pays du matin calme des mœurs et autres spécificités locales pour le moins atypiques. Evidemment Sigh, sujet aujourd’hui de toutes nos attentions, ne déroge point à la règle en affichant et assumant pleinement le caractère excentrique de leur art. Ayant maintes et maintes fois défrayé la chronique grâce à des albums d’une rare audace artistique doublés d’une maitrise instrumentale que ne renierait aucun musicien virtuose, les Japonais reviennent aujourd’hui sous le feu de l’actualité avec "Hangman’s Hymn", septième réalisation en date.
On notera et ce, dès les premiers instants d’écoute, l’exigence que s’imposent les musiciens nippons à ne pas sombrer dans le convenu, en conséquence de quoi, ils affichent une personnalité singulière et ma foi fort attachante. En termes d’affiliation sur cette réalisation on peut citer sans craindre de s’exposer aux coups de bâton : Cradle Of Filth ou encore Graveworm (notamment en ce qui concerne les vocaux). Contrastant avec les réalisations antécédentes, vous aurez donc compris que l’on côtoie résolument ici le Black Metal symphonique et sa grandiloquence. Inventif, multipliant à foison les variantes stylistiques et possédant des dispositions désarmantes dans l’art de composer intelligemment, Sigh ne manque pas de talent et encore moins d’aisance à le mettre en lumière. On soulignera cependant et en comparaison de leurs précédents méfaits, le caractère moins outrancier et extravagant de ces dix nouvelles pièces musicales. Pour autant, il ne faut pas s’attendre de leur part à nous offrir des structures prévisibles sans éclats ni relief ; ce serait bien évidemment déconsidérer la force novatrice dont ont fait preuve une nouvelle fois ces forcenés de la démesure. En effet, impétueux et sans aucune barrière créative, les protagonistes investissent l’essentiel de leurs efforts à parsemer leur musique de subtilités attractives. En effet, sur ce disque, tant de détails sont consacrés à honorer le rendu émotionnel de l’ensemble ! Anodins à la première écoute, ces petits coups d’éclats sont déterminants pour l’appréciation de l’œuvre et prennent sur "Hangman’s Hymn" une dimension épatante.
Passionnante, intense, délurée sans tomber dans l’indigeste, cette nouvelle œuvre ne laisse entrevoir aucune faiblesse et expose inévitablement le groupe aux propos dithyrambiques. Ajoutons à ce travail d’orfèvre une dextérité d’exécution sans faille et une production de haute volée, logiquement le résultat ne peut qu’être synonyme de réussite et notre soif d’absolu momentanément apaisée !
01. Introitus/Kyrie
02. Inked In Blood
03. Me-Devil
04. Dies/The Master Malice
05. The Memories As A Sinner
06. Death With Dishonor
07. In Devil'S Arms
08. Overture/Rex Tremendae/I Saw The World'S End
09. Salvation In Flame/Confutatis
10. Hangman'S Hymn/In Paradisum/Das Ende