Simon Hinkler
Lose the Faith
Correctitude Records
2006
Simon Hinkler (ex-Artery / Pulp) ne fut ni plus ni moins que le guitariste fondateur avec Wayne Hussey d’un certain The Mission UK. Parti de son propre chef durant la tournée "Carved In Sand", Simon a éprouvé le furieux besoin de prendre un bol d’air frais. Il a alors cumulé divers projets (Flight Commander / Mindfeel) avant d’être pressenti pour une reprise de fonction (partielle) dans The Mission, pour l’album à paraître en 2007.
"Lose The Faith" est son premier album à sortir en nom propre, et commence en terrain connu. Impossible de ne pas reconnaître le coulé de ce phrasé de guitares qui fit les plus belles heures, en compagnie des arpèges millimétriques de Hussey, de The Mission. "Effigy" formule bel et bien la meilleure des introductions possible : un lead de guitare bien enroulé et typiquement eighties nous ramène en plein Rock Gothique, mais les effets de voix de Simon n’en appellent pas au même maniérisme que le vibrato de Hussey. Son timbre se rapproche davantage de celui d’un Lou Reed qui n’aurait pas oublié de dessiner davantage de mélodies que de spoken word. Il y a un aspect traînant dans la voix de Hinkler, qui donne à ses chansons un charme plutôt lancinant.
L’album, lui, se compose de titres assez variés. Si les suites directes d’"Effigy" prolongent le rappel d’un passé glorieux ("Drop in the Ocean"), Hinkler aborde plus tard des paysages inédits, fondés sur une sensibilité pop et/ou ambiante ("Still waiting", plus lunaire encore que "Stranger"). L’homme fait preuve d’un songwriting singulier, ouvert et assez direct. Hinkler n’essaie jamais, en effet, de jouer le pur revival. Sans nier aucune de ses prouesses passées, il ne rentre pas dans les carcans auxquels les nostalgiques voudraient le voir obéir. Certes, toutes les compositions n’atteignent pas le même niveau évocatoire, mais Simon agence avec intelligence une tracklist partagée entre la réminiscence acidulée d’une élégance touchée dans les années 80 ("Diceman", très "Mission" dans les guitares, au même titre que "Nothing left to lose") et des soucis bien plus proches de la musique Pop (le posé "One Man Show") ou de la musique américaine ("North Jersey Train", très… Lou Reed (!) dans l’approche vocale).
Hinkler s’affirme ainsi, une fois de plus, comme autre chose qu’un simple suiveur. Et vu l’état (impeccable) de son jeu de guitare, on se prend fortement à espérer le voir œuvrer concrètement sur le prochain album de The Mission, sur lequel devrait aussi intervenir (et a priori) une certaine Julianne Regan (All About Eve).
Il est des retours qui fleurent bon, qui réchauffent les coeurs.
1. Effigy
2. Drop in the Ocean
3. Still waiting
4. Diceman
5. One Man Show
6. North Jersey Train
7. Stranger
8. Breathing my Air
9. Nothing left to lose
10. The End starts here
11. Peace