Ouille.
Bon, autant avertir tout de suite le lecteur.
En l’occurrence, ton interlocuteur virtuel éprouve grande difficulté à rester en zone de neutralité face au Clichesque Lord Of Darkness (ça y est, ça commence… décidément, on a du mal à se tenir), et l’objectivation du propos va se révéler mission périlleuse.
Ami, si tu es fan, tu es ici en territoire '>
Snakeskin
Canta'Tronic
Hall Of Sermon
supermarket electro-dancefloor
2006
Snakesin, c’est le nouveau projet du chevelu et mascaraillé Tilo Wolff, leader des "épiquriens" Lacrimosa.
Ouille.
Bon, autant avertir tout de suite le lecteur.
En l’occurrence, ton interlocuteur virtuel éprouve grande difficulté à rester en zone de neutralité face au Clichesque Lord Of Darkness (ça y est, ça commence… décidément, on a du mal à se tenir), et l’objectivation du propos va se révéler mission périlleuse.
Ami, si tu es fan, tu es ici en territoire miné. Des bombes commencent à pleuvoir autour de toi. Fuis, ou elles auront ta peau. Nous le voulons. Notre flotte largue la totale, car elle a pour mission l’extermination de ce qu’elle considère comme étant l’ultime outrage en matière de mauvais goût.
Oui, nous sommes méchants, oui, nous sommes fachos (euh… mais que pour l’occasion hein parce que sinon, bof) et t’imposons notre vindicte. On se reprendra vite, rassure toi, mais en l’occurrence, M****E. Nous ne pouvons que difficilement nous empêcher de laisser le fiel couler.
Alors, pourquoi tant de haine, me direz-vous ?
Tout cela ne part-il pas de l’enfance ?
Non.
Le monde n’a-t-il pas assez de problèmes comme ça, sans qu’on en rajoute ?
Pas certain.
Pas du tout, même, car en Lacrimosa est peut-être la cause de tout ce foutoir.
A vrai dire - et cela nous est révélé dans un soudain moment d’illumination - Tilo Wolff est le diable personnifié. Il est venu polluer notre monde pour en retirer quelque savant bénéfice. Al Gore devrait se charger de ce type. C’est LE gaz à effet de serre. Face à cela, il convient de prendre garde et de serrer les rangs.
Nous faisons ici office d’oracle. Humanité, tiens tes rangs. Lacrimosa semble en effet, au moins dans l’esprit du chroniqueur (mû par un irrépressible soulèvement intestinal à la simple évocation de cette entité musicale – et il ne peut PAS s’en empêcher, c’est absolument DINGUE ! C’est du VAUDOU ce truc, je le SAVAIS), muter en à une immense choucroute. Très garni, le truc hein, pas de la demi-portion Knorr. Une grande assiette grasse sur laquelle s’est hérissée le chapiteau d’un cirque à la fois visuel et sonore où la lourdeur du propos le dispute à une tendance très poussée au granguignol. Un truc qui pousse la victime à intégrer un statut de médiocrité crasse et à ne plus pouvoir se dépatouiller de ce véritable piège mental. Il y a dans la vilenie médiocre un confort qui sied à certains, avant de les rendre complètement dingues au point de ne manger plus des petites saucisses apéro au petit déj’. Mais passons. On ne va pas non plus aborder le problème de l’obésité rampante, car la santé publique n’est pas un problème avec lequel on badine. Dans le genre, niveau taux de cholestérol, ça pète sa race.
Soudain, un doute nous assaille. Le rire étant par nature extinguible, un silence s’impose soudainement, circonspect devant tant d’acharnement mis à l’ouvrage. Lacrimosa ne nous fait plus rire depuis très longtemps, même avec sept grammes au compteur. C’est dire.
Qu’en sera-t-il de Snakeskin, alors ?
Le CD pénètre la platine. Le laser se met en route, et nous pressentons le pire.
Avait-on raison ?
Oui, à mille pour cent.
Eh bien, ami lecteur, tiens toi bien, car le SCOOP est là : nous pouvons d’ores et déjà affirmer que Snakeskin, ce sera pire que Lacrimosa.
Voici envahir l’air ambiant un logorrhée de son Electro et méga-cheap, traversée par la voix opératique de la (belle) brune Kerstin Doelle. Et d’un coup, la fuite spatio-temporelle nous semble la seule issue. Si ce n’est plus du Metal (là, c’est net), c’est au moins la fête foraine. Et les auto-tamponneuses, autant vous le dire, ami lecteur, on s’en tamponne le coquillard depuis la perte de notre virginité. En l’occurrence, ça fait assez longtemps. Trois siècles, à peu près.
Moralité, car il en fau une : avant on avait la choucroute ; et en 2006, on passe au dessert : une barbe à papa dégoulinant de suavité type déo stick à deux francs, une série incongrue de boucles Electro faciles et à peine dignes de figurer en tête de liste des programmations musicales du tout meilleur ascenseur du centre commercial le plus proche. Hormis une dancefloor spécialisée en beats anti-cervicaux ou en hymnes eurovisionnesques, peu de chances de voir Snakeskin remporter la palme de la star’Ac. Trop pauvre, surtout au niveau de la composition. Pour le reste, ça tape : la boîte à rythmes égrène des parties rythmiques foncièrement binaires et très assourdissantes pouvant postuler sans honte en tête d’affiche du manuel du petit débutant. La mixture, savante, offrira donc à tout amateur convaincu de karaoké un canevas de grande stabilité pour essai décalco-maniaque. Mais il faudra s’accrocher, ami karaokeur, et tenir la rampe car là, pas de modulation possible. Ca tape, et va falloir gueuler.
Heureusment, il y a peut-être un sauveur possible, un Patrick Sébastien pour recycler avec goût ces mélopées assurément chavirantes. Tout le potentiel lyrique s’y trouve, et qui sait, c’est peut-être ici le début de nouveaux petits bonhommes en mousse qui se profile. Il nous tarde de connaître la suite. Ca va être chamallow.
Au final, la gloire est plutôt petite
En tout cas en ce qui nous concerne.
Honnêtement, cela ne tiendrait qu’à nous, on ferait peut-être enfermer Tilo Wolff. Ce type, qui fait office aujourd’hui de Nouveau Stratège de la Musique de Spermarché, est un véritable danger pour l’Humanité. Jamais auparavant, on a pris aussi fortement conscience de ce qu’implique la sémantique de "société du risque".
Aujourd’hui, le risque est bien présent.
Il n’est pas dans l’Art, non non non, rassurez vous. Il est dans le vide.
1. Etterna
2. StoneColdHands
3. Bite me
4. La Force
5. Mortal Life
6. Still not home
7. The Etternal
8. Manora
9. Tourniquet
10. Recall II
Bonus Tracks:
11. Bite Me (Club-Mix)
12. Etterna (Club-Mix)
13. Etterna (FAQed up Remix)