Sophia


Spite


Cold Meat Industry



2002




Après le divin Herbstwerk et le torturé The Seduction of Madness, Sophia nous revient avec un Spite forgé dans l’acier trempé. En effet, si le groupe du génialissime Peter Pettersson se voulait emprunt de religion (tant au niveau musical qu’esthétique), la nouvelle orientation se veut industrielle, martiale à souhait, et froide comme jamais. En effet, les chœurs sont toujours présents, mais en moindre quantité, à l’inverse des rythmes industriels saturés et martiaux ponctuant l’album de part et d’autre. Si Filth, le premier titre, nous dispense d’un calme malsain, ce n’est que pour apaiser les esprits avant la déferlante d’acier de Dirt, et du sublimissime mais au combien torturé Pride. Le calme ne reviendra qu’une fois au cours de l’album le temps d’un répit nécessaire, pour ensuite laisser à nouveau l’auditeur dans un abîme de folie démentielle, au cours duquel deux titres enregistrés live ne feront que nous achever un peu plus. L’artwork, bien qu’inférieur à celui d’Herbstwerk, reste quand même fidèle aux productions Cold Meat Industry, avec quelques jolis clichés de trains, wagons rouillés, rails usagés et autres centrales nucléaires. Bref, plutôt que de se complaire dans une formule ayant fait le succès du groupe, Peter Petterson s’est risqué au jeu dangereux de l’évolution, et cela, pour notre plus grand bonheur.