Starofash


The Thread


Mnemosyne / Candlelight / Season Of Mist


personal movie soundtrack


2008




Starofash est Heidi Solberg Tveitan. Une fille brune, dont les lunettes noires cachent le regard sur la pochette rétro de "The Thread", second essai après un "Iter.Viator" ayant posé d’ésotériques jalons en 2001.

Heidi Solberg Tveitan, alias Ihriel, n’est ni plus ni moins que la compagne d’Ihsahn (co-fondateur des marquants Emperor) et son associée au sein de Hardingrock (auteur d’un récent "Grimen"). Elle est aussi et surtout sa conjointe en art au sein du projet expérimental Peccatum, lequel a sorti un ultime album nommé "Lost In Reverie". Celui-ci restera comme l’un des essais les plus importants de l’année 2004. Mû par une vision alliant les contrastes les plus extrêmes, ambiance / agression / blanc / noir, "Lost In Reverie" aura sans doute formé l’un des points culminants de l’approche commune de Heidi et de son compagnon.
Après cela, après la fin officialisée de Peccatum, il restait à construire d’autres possibles vers lesquels un espace existant, Starofash en l’occurrence, offrait une passerelle. Une passerelle sur laquelle nous convie la jeune femme au gré d’un second opus studio étrange, et dont les visées sont la pénétration de contrées sonores étranges. A l’instar de Peccatum, Heidi reste dans le noir et l’inclassable. A l’opposé, elle exclut toute violence physique dans "The Thread", ensemble d’histoires posées et cinématographiques, purement instrumentales lorsqu’il en sera ressenti la nécessité. Elles sont l’occasion pour Ihriel de refonder une communauté autour d’elle, sans recourir aux services attendus d’Ihsahn. Pas moins de six invités, parmi lesquels Kristoffer G. Rygg (Ulver), le renommé écrivain cyberpunk japonais Kenji Siratori ou Knut Buen (son troisième partenaire d’art dans Hardingrock), aident Heidi à parvenir à un ensemble sinueux, nébuleux (l’inaugural et finement orchestré "How to invent a Heart"), hypnotique (le titre bonus "Neo Drugismo") Ce second essai constitue une expérience en tant que tel, il y joindra l’utilisation de tous outillages possible, tous arguments. Recourant autant aux aplats synthétiques qu’à une orchestration traditionnellement acoustique (le formidable diptyque "Blood Bones and a Skull" / "Crossing over"), il exclut le souci de s’inscrire dans quelque tradition que ce soit, si ce n’est celle d’une abstraction qui gouvernerait la composition d’une bande originale. Piano minimal pour ambiance de fin de vie ("Epilogue"), armatures organiques organisant leur nerf et leur respiration autour des attaques répétitives de la basse ("Him and her", suivi d’un "The World spins for you" que la voix de Heidi drape en fin de parcours de volutes mélancoliques), Ihriel est tout sauf dans un schéma. Son Starofash, s’il est moins tortueux que les derniers essais de Peccatum, s’avère au moins aussi riche en surprises.
Une manière de continuer à marquer un territoire, en ralliant à cette cause beauté et sens de l’aventure.


1. How to invent a Heart
2. Him and her
3. World spins for You
4. Drag them down
5. Snake Pit
6. Apology gone Bad
7. Blood, Bones and a Skull
8. Crossing Over
9. Epilogue
10. Neo Drugismo
+ Multimedia track : Neo Drugismo (video)