Texas Terri And The Stiff Ones


eat Shit + 4


People Like You / Season Of Mist


punk-rock grunge


2006




Affolé par le panache rouge de Texas Terri, l’auditeur sera entraîné dans un bouillon punk-rock rageur au son gras, évoquant sans trop de difficultés des L 7 aux rythmes plus ramassés. Il faut dire que la réédition de cet album (déjà la troisième !) ferait presque oublier que celui-ci date initialement de 1999… Depuis Texas Terri s’est nommée Texas Terri Bomb ! et œuvre en solo, avec bientôt trois albums à son actif.
People Like You choisit de ressortir cet album, assorti de trois titres bonus discutables (deux démos, un inédit) mais réussit son package par l’ajout du clip de « Oh Yeah ! ». Une réédition car cet album pourrait bien être l’étalon de transition entre la scène grunge agonisante (la dernière fois que les L 7 avaient été aussi bonnes, c’était en 1994 avec « Hungry For Sticks », l’album de 1997 « The Beauty Process » sentant déjà la naphtaline) et toute la scène punk-rock sympathique (The Distillers, Die Hunns, Horrorpops…). Quatre ans après leur formation, Texas Terri et ses Stiff Ones piégeaient enfin sur scène ces treize titres.
Un enregistrement face à l’histoire ? Oui, car des titres sortent du lot et méritent un retour. Borborygmes en guise de refrain, chœurs rapides, féminisme agressif mais un peu vain (Courtney Love, sans conteste, a déniaisé plus de jeunes filles face à un micro que Texas Terri), le morceau des Dicks, « Lifetime Problems », séduit automatiquement malgré sa concision. Jeux vocaux encore en intro de « Cave Woman » qui ramènent cette fois à Nina Hagen, malheureusement, le jeu reste convenu, grosse blague grasse limite Famille Pierrafeu (rot final) et non pas hystérie. Lien vers le rock plus ancien, toujours : on compare Texas Terri à Iggy Pop et ça l’énerve, pourtant le titre « Sad Life » vient tout droit des Stooges… « Oh Yeah ! », moins direct qu’il n’y paraît innove par son solo, son break bien calme en fade, comme si à l’époque, le groupe avait compris qu’il convenait désormais de dépasser les cadres stricts. Nouveauté et surprise encore avec le petit son aiguë, « à la Cypress Hill », de la guitare pour « Me Mad » et son rock poisseux, envoûtant. Dernière émotion avec le simple et efficace « Women Should Be Wilder » en droite ligne de la fin des années 70. Au choix : on aime où on se dit que la nénette et son groupe de gros bras avaient 25 ans de retard…
« Situation » par contre est indéniablement une scie assez évidente qui n’a comme mérite que de pousser le volume au maximum en oubliant la prestance ; « Burgers And Fries » marque le pas avec un refrain qui n’atteint pas la hauteur des couplets. Et puis, il y a ces trois reprises (sur treize titres originellement) qui évoquent une filiation sans pour autant dégager une personnalité. Le déluge en partie noise des Loafin’ Hyenas, merveilleux, ne sera pas reproduit ailleurs, alors qu’il ouvrait une piste de crossover punk-noise des plus intéressante. Une moitié d’album face à l’histoire (certains autres groupes ne placeront pas même un morceau) : c’est tout de même le dilemme du verre à moitié plein ou à moitié vide. Un best-of remixé ou live de l’œuvre de Texas Terri n’aurait-il pas été plus judicieux ?


1. Mick’s Bitch
2. Lifetime Problems (reprise des Dicks)
3. Holy Ghost
4. Situation
5. Sad Life
6. Oh Yeah!
7. Me Mad
8. Burgers & Fries (You’re Not Alive)
9. Baby Bird Shuffle
10. Cave Woman
11. King & I
12. If Looks Could Kill (reprise des Loafin’ Hyenas)
13. Baby Let’s Twist (reprise des Dictators)
14. Women Should Be Wilder
15. Situation (Demo)
16. Holy Ghost (Demo)
Extra Bonus Video: “Oh Yeah!”