The Dresden Dolls
London Roundhouse (DVD)
Eagle Rock Entertainment
dark cabaret
2007
Ayant fait le déplacement les 3 et 4 novembre 2006 à Londres pour voir les deux derniers concerts en date des Dresden Dolls en Europe, j’attendais avec impatience la sortie de ce DVD. Allaient-ils réussir à retranscrire les magnifiques soirées londoniennes ? Ca ne semblait pas gagné d’avance, voyons le résultat.
L’entrée sur scène du groupe est annoncé par la danseuse/strip-teaseuse Margaret Cho. Amanda et Brian déboulent, lancent quelques fleurs au public et s’installent sans attendre derrière leurs instruments. Les premières notes de "Sex Changes" résonnent alors du piano d’Amanda. Le public réagit au quart de tour, la salle semble déjà conquise !
D’entrée de jeu, le ton est donné. Le groupe est en forme, heureux d’être là ce soir, Amanda est souriante, Brian toujours aussi démonstratif derrière ses futs…
L’image est belle, même si le coté "caméra DV" ne me plait pas trop (je me dis qu’elle est peut être accentuée par le fait que mon DVD promo n’est qu’une copie compressée… je l’espère en tout cas). Le son est excellent, piano et batterie ne se mélangent pas, on distingue toutes les notes, le chant n’est pas perdu dans la masse non plus, tout cela commence bien.
S’en suit "Gravity", extrait du premier album. Pour illustrer ce morceau, le duo Ladybird (Los Angeles) au look cabaret accompagne de façon très théâtrale la performance de Krin Haglund (Montreal) qui, suspendue à son grand drap, effectue des acrobaties à plusieurs mètres au dessus du sol (et en rythme s’il vous plaît !). Gros plans, images d’ensemble, on est au cœur du spectacle.
Débute ensuite "Modern Moonlight" et son "ohohohohooooooh" repris en cœur par tout le public. Le groupe est plus posé, l’émotion monte au fil du morceau et ne redescendra pas puisqu’ils enchaînent sans temps mort avec "Mrs O". La caméra est plus calme elle aussi, alternant entre le groupe et le public qui chante toutes les paroles. On aperçoit par la même occasion les look des spectateurs, tous plus extravagants les uns que les autres.
Avant de continuer, Amanda présente Brian, remercie le public de s’être déplacé ces deux soirs et présente le prochain morceau, à savoir "Backstabber", figurant sur le dernier album, mais joué en live depuis des années (ils l’avaient déjà joué lors de leur premier concert en Europe, c’était au Réservoir à Paris en 2004). Brian a beau chanter les chœurs, ça ne l’empêche pas de casser une cymbale, qu’il change à la fin de la chanson.
Puis Amanda entame le tube "Coin Operated Boy". Le public est aux anges et accompagne le groupe tout au long de la chanson. Comme à leur habitude, Amanda et Brian communiquent tout au long des morceaux, s’échangent de regards, jouent une véritable pièce.
Après s’être envoyé des baisers, ils délaissent leur instruments de prédilection et s’approchent du devant de la scène. Brian prend sa guitare acoustique pour entamer le morceau "Two Headed Boy", reprise de Neutral Milk Hotel. Cette version est magnifique, le public est attentif, ému par la prestation.
S’ensuit alors l’excellent "Mandy goes to med School" qui verra revenir sur scène le duo Ladybird pour un numéro rappelant les personnages de boîte à musique… le tout interrompu par un superbe échange piano/batterie entre Amanda et Brian, pas dénué d’humour.
En milieu de set, on a droit à une face B à savoir l’endiablée "Lonesome Organist Rapes Page Turner" qui fait se trémousser le public. Le morceau a beau être rapide, le montage ne se perd pas dans un jeux de caméras inregardable. Merci !
On a le droit ensuite à un magnifique morceau du premier album, rarement joué, "Slide", accompagné ce soir là par une troupe (Zen Zen Zo) qui m’aura laissé plutôt indifférent, que ce soit le soir du concert ou sur ce DVD. Je n’ai personnellement pas trop compris le sens de leur performance…
Le groupe enchaîne avec un autre ancien morceau, "The Jeep Song", rejoint sur scène pour les chœurs par de nombreux membres de la Bridage (= troupe de performeurs venus des quatre coins du monde où l’on pourra reconnaître la chanteuse de Katzenjammer Kabarett, entre autres). Ils ont beau être un peu désordonnés, on voit que tout le monde est heureux et s’amuse ce soir là. La réalisation nous permet d’apercevoir les acteurs de la soirée. L’entente et la bonne humeur sont au rendez-vous, pour notre plus grand plaisir.
Tout le monde quitte la scène pour laisser place aux héros du jour. Les Dolls enchaîneront avec deux des meilleurs morceaux figurant sur Yes Virginia, "Dirty Businnes" et "Shores of California". Le public accompagne les musiciens en tapant dans ses mains, chante à l’unisson. La réalisation s’attarde sur les sourires affichés sur les visages, tout le monde est heureux d’assister à cette soirée.
Amanda annonce alors la dernière chanson de la soirée, "Sing", single extrait du dernier album et entamée à la guitare par Brian. Le public allume des dizaines de cierges scintillants insufflant un peu de magie à cette chanson sans grand intérêt à priori. L’ensemble des acteurs de la soirée rejoignent les Dolls sur scène pour assurer les chœurs en fin de morceau. Tout le monde salue, le public entame des "ohohooooh" obligeant Amanda à retourner derrière son piano pour les accompagner. Le public ne veut pas que ça s’arrête, mais tout le monde quitte quand même la scène après avoir chaudement remercié les personnes présentes ce soir.
Après une très courte pause, Amanda et Brian reviennent sur scène nous jouer en acoustique une reprise du morceau "Mein Herr" issu de la bande originale du film "Cabaret". Alors même si Amanda Palmer n’est pas Liza Minnelli, elle s’en sort très bien en nous gratifiant pour le coup d’un véritable morceau "cabaret". Brian prend lui aussi un grand plaisir à jouer de la guitare ainsi qu’à jouer la comédie avec sa partenaire.
Le morceau fait l’unanimité et le suivant également : Trash Mcsweeny (chanteur du groupe australien The Red Paintings) accompagne les Dresden Dolls dans une reprise du magnifique "Mad World", extrait de la BO du film "Donnie Darko". Le morceau alterne entre passages lents et d’autres beaucoup plus rock (ce qui évite de plomber l’ambiance, car le morceau à l’origine, n’est pas très gai…)
Après avoir rendu hommage aux Dolls, Edward Ka Spel se jette hors de la scène (même si on ne le voit que furtivement sur le DVD) et sans attendre Amanda entame avec un "one, two, fuck you !" le génialissime morceau "Girl Anachronism". Le public est ravi, danse, saute chante… le morceau se termine aussi vite qu’il avait commencé, Amanda et Brian saluent le public venu nombreux ces deux soirs à Londres. Après avoir serré quelques mains et remercié mille fois les spectateurs, Brian portera Amanda en dehors de la scène. Cette fois-ci, le concert est bel et bien terminé. Pour en avoir plus, il faudra se jeter sur le second DVD…
DVD 1 : Pour résumer je dirais qu’un DVD ne remplacera jamais un vrai concert des Dresden Dolls, tant la performance et les émotions sont difficilement captables. De plus, je ne comprends pas pourquoi "Missed Me", "Delilah" ou encore « Half Jack » n’apparaissent pas sur ce DVD... Néanmoins, ce concert, excellent en tous points, se regarde avec grand plaisir et rappellera de très bons souvenirs à ceux qui les ont déjà vu ! C’est un très bon complément à leur précédant DVD : set list plus variée, performances différentes, cadres et ambiance différents, le tout étant quand même plus carré et puissant.
DVD 2 : Le second DVD est plutôt classique, 26 minutes d’interview (surtout d’Amanda), de réactions du public, de présentation du concert, des performances et des artistes présents ces deux soirs, comme Jason Webley, Sxip Shirey et ses instruments farfelus, Baby Dee le joueur de harpe, Margaret Cho la stripteaseuse, Lene Lovich (qui aura chanté en duo sur Delilah, allez comprendre pourquoi ce duo n’apparaît pas sur le DVD...), Bang On ! (les « Poubelle Boys » de Londres), Edward K-Spell des Legendary Pink Dots… etc. Je vous laisserai découvrir les nombreux autres artistes présents…
Alors vous les entendrez parler deux minutes avant de voir trente secondes d’extraits de leurs performances, c’est plutôt frustrant. On aurait aimé en avoir plus. Pour le coup, cela n’apporte pas grand-chose.
Au final, un grand concert à voir et à revoir, des bonus dispensables, tout amateur des Dresden Dolls se doit de posséder ce DVD ! En outre, ce n’est sûrement pas demain que vous aurez autre chose à vous mettre sous la dent venant des Dolls, alors profitez-en !
[chroniqué par Batastrophe]