The Generators
Welcome To The End
People Like You
punk 77 vingt ans plus tard
2007
Un peu d’émotion avec cette réédition d’un album de 1997, tout entier emprunt de l’esprit parfois potache de 1977. Cette histoire-là ne se passe pas à Londres ou Bromley mais à Los Angeles. Il y fait chaud en 1997 et les jeunes gens traînent les uns chez les autres. Différence d’époque et de pays, il y a là une piscine, des filles et du matos pour faire du son. Différences notables qui donnent à cette musique plus de joie que de cynisme (« Yankee Boy »). Un point commun cependant : le même désir de n’en faire qu’à sa tête. C’est ainsi que les Generators naissent, vingt ans après la révolution punk (cf le Sex Pistolien « Hangin’ Around »), dix ans après les Offspring (1987) ou Green Day (1989).
Hasard des rencontres, cette même année 1997, en tournée, les Generators croisent la route d’Andre Bahr. De la rencontre naît un autre projet, la création d’un label au sympathique nom : I Used To Fuck People Like You In Prison (« En tôle, c’est des mecs comme toi que je baisais »). 2007 est donc l’occasion pour les deux gangs de punk-rockeurs de se faire un anniversaire commun. Pour l’occasion, trois titres bonus : un « Ninety Nine » qui lorgne vers Bad Religion, solo en plus ; « Won’t Last Forever » classique variation du « I Fought The Law » et enfin « No Feelings », reprise de qui vous savez…
Hommage aux anciens, toujours, « Real Reason » sonne Clash dans sa tenue de guitares. « Freedom » assure la respiration de rigueur, balade triste d’influence celtique. On a même sur « Voices In The Night » un bon fond mélancolique à la Buzzcocks (attention, la voix de Doug Dagger n’a rien à voir ni avec celle de Howard Devoto, ni avec celle de Pete Shelley !). Je suis touché par le son horror-punk de « Welcome To The End », voix de gosier et hululements. Sur le reste des titres, on s’amuse beaucoup, on a l’énergie qu’il faut et un esprit défraîchi qui n’a pas retenu du punk la même chose que moi. Et si le break de « K.G.B. » rappelle fortement (mais c’est un hasard) le riff des Cadavres sur leur titre « Plaisir à la Carte », on sait que le public a déjà choisi d’aduler massivement le punk festif et non les braillards revendicatifs.
Je lutte donc en vain pour préserver une mémoire certainement moins vendeuse que les patchs et les tatouages piqués au kilomètres sur des peaux tout autour du monde. « Punk Is Dead » certes, mais la musique a de beaux restes et le sautillant « City Of Angel » a bien retenu la leçon de ska des No Doubt (formés, eux, en 1986). Bref, en 1997, il y avait les Generators, c’est vrai, mais est-ce vraiment utile de ressortir cet album ?
1. Suspect
2. Yankee Boy
3. Plastic Roses
4. Real Reason
5. Voices In The Night
6. Freedom
7. Snake Town
8. K.G.B.
9. City Of Angels
10. Hangin`Around
11. Welcome To The End
12. Ninety Nine (Rare Bonus Track)
13. Won`t Last Forever (Rare Bonus Track)
14. No Feelings (Unreleased Bonus Track)