The Haunted


The dead eye


Century Media


death/thrash mélodique + metalcore


2006




Tous ceux pour qui Göteborg est la capitale suédoise ont entendu parler de The Haunted. Mais si, vous avez forcément eu une oreille ou un œil, même très furtif, sur « The Haunted made me do it », ou plus récemment « rEVOLVEr »! Ils livraient en effet sur ce dernier opus un thrash remarquable. Bien sur, les plus habitués auront suivi toute la discographie de cette résurgence des vieux démons d'At the Gates. Ils auront également suivi, et longuement discuté, les chassés-croisés de Peter Dolving et Marco Aro au poste de vocaliste. Les plus modérés se seront quand à eux arrêtés à la crème des spécialités locales (de Göteborg à Helsingborg) en terme de death et de thrash, mélodique ou non, et des différentes fornications qui en ont résulté, Dark Tranquillity, Darkane et Arch Enemy pour ne citer qu'eux.
Le décor culturel est donc solidement planté, et il colle qu'on le veuille ou non un label qualité sur ces suédois. « The dead eye » suit le destin qui lui a été fixé, proposant un death/thrash mélodique tirant vers le metalcore. Les guitares délivrent un riffing fin et marquant, qui ne fait pas mentir ses origines géographiques. La rythmique est en effet propice au headbang, sans pour autant être vraiment rapide ni constante : la dynamique est là, The Haunted sait blaster, il sait aussi ralentir; rien à prouver de ce côté là. La voix principale est écorchée mais intelligible, bien plus hardcore ou thrash que death, et offre à « The dead eye » un rendu agréable. Qualitativement, le songwriting est de haut vol, allant d'excellents titres (« The failure » et sa guitare acoustique parfaitement intégrée) à de plus mauvais (« The drowning » et son chant clair insupportable car approximatif), sur une échelle de valeur somme toute assez restreinte. Echelle restreinte, certes, mais continue. Il n'y a pas sur « The dead eye » de nette séparation entre l'erreur et le succès. Plus difficile donc de mettre un ou deux titres de côté pour décréter que l'album est imparable. Globalement, deux points minent régulièrement ces titres. D'une part une rythmique et un riffing thrash/hardcore mal employé, et/ou mal réalisé (« The drowning »), alors que cette ambition aboutit bien plus nettement ailleurs. D'autre part un chant clair souvent déplorable (heureusement très minoritaire), par exemple sur un « The stain » tutoyant les abîmes du metalcore avec ses refrains en doublages très désagréables. Là encore, la même idée se concrétise à la perfection en d'autres endroits : « The prosecution » présente une alternance voix claire / voix saturée des plus efficaces. Pas évident donc de cerner là où « The dead eye » pêche, d'autant plus que l'ensemble est plutôt compact et ne présente que peu (voire pas) d'écarts stylistiques.
The Haunted signe donc un disque bien fait, vraiment prenant. On regrette son hétérogénéité qualitative, et son homogénéité musicale, surtout dans un contexte géographique aussi chargé. Pourtant « The dead eye » passe plutôt bien, et regorge d'excellents moments. On n'en attendait pas moins, et pas forcément plus.


01 The premonition
02 The flood
03 The medication
04 The drowning
05 The reflection
06 The prosecution
07 The fallout
08 The medusa
09 The shifter
10 The cynic
11 The failure
12 The stain
13 The guilt trip