Indéfinissable assurément mais méchant cela c'est une évidence'>

The Heavils


Heavilution


Metalblade Records


Crossover


2004




A la première écoute ce nouvel album de The Heavils est très déconcertant voire indéfinissable. On se prend en pleine figure une agressivité à peine refoulée sous couverts de riffs vrombissants, monstrueux et d'une rythmique plombée parfois syncopée mais toujours déjantée. Peut être est-ce là l'oeuvre du guitariste Mossy passé expert dans l'art de la fabrication de ses propres six cordes au look pittoresque " les Meanies".
Indéfinissable assurément mais méchant cela c'est une évidence: "Heavilution" s'ancre à mi chemin entre le Hardcore, le NU Metal ( on ne débarque pas d'outre atlantique sans garder quelques référence à son pays d'origine), le Heavy délirant et un goût pour les vociférations limite thrashy. Oui, The Heavils est un groupe à part qui se révèle d'une grande efficacité pour peu que l'on supporte d'une seule traite les 14 titres; vécus comme autant d'assaut pour les tympans. On se croirait pris en pleine tempête sonore, comme au coeur d'un tourbillon de notes où les grattes envoûtantes déploieraient toute leur folle inventivité pour nous faire perdre l'esprit. Tout est à la fois construit et déstructuré comme pour entretenir un paradoxe et frapper l'auditeur de plein fouet. Et le plus surprenant c'est qu'au final ça marche: "Set Behind Me" est affublée d'une rythmique cinglante à la Sacred Reich quand "Heavilution" a de faux airs de Suicidal Tendencies en plus déjanté et ponctué de ponts Rock n' Roll...enfin ultra heavy n' roll. Chez The Heavils pas de monotonie, car impossible de savoir ce qui se cache derrière le morceau suivant: alternance de lente monotonie et de Thrash pur et dur sur "Reflection", Meanies désaccordées sur "Sinking time", reprise toute personnelle de " Just go back" des Cheap Trick ou approche contemporaine pour "Chicken soup can"; le groupe appréhende apparemment la construction d'un album avec à la fois le sérieux nécessaire pour ne pas proposer n'importe quoi et la petite touche délire qui fait que l'on accroche aux morceaux d'emblée et pour de longues heures d' écoutes. On clos ce riche tableau musical avec le long "Kadigimonk" autre facette de l'esprit torturé de The Heavils. Ce titre expérimental (et ce n'est pas ici un mot usurpé) de 19 min usant de passage planants, de moments parlés, explore toute la profondeur et la noirceur du combo. On y retrouve toutes les possibilités offertes par ces fameuses guitares désaccordées qui ont rythmé les 13 autres morceaux. C'est à la fois étrange et envoûtant... en tout cas une découverte supplémentaire pour le fan qui se serait perdu là et qui sera une nouvelle fois surpris et même déstabilisé; "Kagidimonk" n'ayant rien à voir du tout avec le reste de l'album.

Pour conclure, Heavilution est le premier album de The Heavils qui a réussi a franchir les frontières pour débarquer en Europe et l'on ne peut que s'en féliciter tant ce groupe cache un potentiel certain apportant la promesse d'un renouveau dans un style qui tourne souvent en rond. A découvrir rien que pour le plaisir du dépaysement .... et plus si affinité.








1. Outside the Circle
2. Get Behind Me
3. Heavilution
4. Reflection
5. Sinking Time
6. Space Heater
7. Touch
8. Just Got Back
9. Chicken Soup Can
10. Floaters
11. Laundry Day
12. The Other Side
13. Passed Away
14. Kadigimonk