The Last Dance


Once Beautiful


The Last Dance / Dancing Ferret


modern electro-goth rock


2005




Depuis trois albums, The Last Dance a abandonné les arguments purement organiques qui marquèrent l’un de ses albums les plus romantiques : "Fairytales". Les Américains ont fait muter leur son d'obédience gothique vers une forme voulant s’acoquiner aux dancefloors, sans renoncer à l’exergue de son amertume. Les rythmiques et les textures sonnent de manière beaucoup plus robotique (à la manière d’un Clan Of Xymox dernière période) que par le passé, et le début de ce "Once Beautiful" confirme la nouvelle orientation de The Last Dance : les pulsations sont massives (plus loin, cela se confirmera sur des titres tels que "Wish me closer", peuplé de voix féminines signés Tina Booth, de Switchblade Symphony, et Laurie Reade). Elles supportent les guitares tourbillonnantes et toujours très typées que signe un Rick Joyce constant et inspiré. Le groupe a fait appel à un nombre inouï d’invités pour parfaire les instrumentations et les voix féminines, et hybride un héritage Gothic Rock à des arrangements programmés pour faire se mouvoir les corps. Les voix de Jeff Diehm n’ont rien perdu de leur venin amer et retenu, et parcourent de mélodies simples et efficaces un disque très direct et qui, en dépit d’une inspiration plus ou moins forte, parvient à rafraîchir le propos originel ("Secrets"). On connait ses moments les plus forts lorsque les guitares de Rick Joyce se dessinent à dominer l’espace, sans aucun doute. Ce sont bien elles associées aux voix de Diehm, et non les grosses armatures électroniques, qui donnent à apprécier le spectacle. Sanguines, elles fusent au cœur de machines froides et amènent au cœur du son un feeling organique qui sauve littéralement le disque du risque "technoïde intégral". Au fond, on n’oublie jamais vraiment le "rock" et les guitares donnent une vigueur ineffable à l’ensemble, que le résultat tende à la ballade ("December", tendue à bloc) ou à une tension plus typique du rock sombre tiré des années 80 ("Together alone", comme si on retrouvait le The Last Dance des origines).
Alors que le vingt et unième siècle s’ouvre, les Américains portent encore un flambeau. Ils en ont rabiboché les bords et refondu les couleurs et ce nouvel album, à défaut de signer un chef d’œuvre ou de surprendre son monde, renferme son lot de bonnes surprises et de poussées d’adrénaline.
De là où il se trouve aujourd’hui, le regretté batteur Ivan Dominguez n’a pas à rougir de ce que sont devenus ses petits camarades. Les portes de l'avenir restent ouvertes.


1. Distantly
2. Once beautiful
3. Secrets
4. World down
5. December
6. Wish me closer (feat. Tina Boot)
7. That never was
8. Special little Gift
9. Wake me screaming
10. Desperately still
11. Together alone
12. Become forever