The Panic Channel
(ONe)
Capitol Records
heavy rock
2006
La reformation de Jane’s Addiction et l’arrivée du phénoménal "Strays" sur les platines avait laissé pas mal de monde pantois, en son temps.
Mais voilà.
Jane’s Addiction était composé au moins de deux fortes têtes : le guitariste Dave Navarro d’un côté, dont les exploits se cantonnent pour le principal à Jane’s Addiction, ses essais solo ou sa participation à Red Hot Chili Peppers ayant marqué les esprits diversement ; le chanteur et songwriter Perry Farrell de l’autre, qui a décidé de l’arrêt de Jane’s Addiction et enchaîné sur des projets plus personnels.
The Panic Channel en somme, c’est Jane’s Addiction... mais seulement aux trois quarts du line-up dernière version (comprenant le bassiste Chris Chaney) + le chanteur/guitariste Steve Isaacs. De quoi laisser espérer une suite convenable à "Strays", a priori. The Panic Channel ne sont pas a priori des manchots.
Alors, eh bien… Convenable, certes, cette suite l’est. L’album est produit par Josh Abraham. Très bien enregistré, il offre à un collectif aguerri l’occasion de développer un son Heavy Rock assez puissant et affûté ("Teahouse of the Spirits"), assez ouvert et légèrement psyché.
Le problème, dès lors, n’est pas dans la forme (plutôt impeccable), mais le fond. De la folie et de la démonstration lyrique qui régnaient sur l’œuvre de Jane’s Addiction, il ne reste que peu d’éclats, les "ex-" ayant préféré la voie de l’efficacité du Rock à celle de l’inventivité. Sans doute la vibration était-elle davantage à l’explosion physique qu’à la quête de style. Les chansons, d’ailleurs ne sont pas spécialement mauvaises. Isaacs s’en sort plus que bien au chant mais il dégouline malheureusement de chaque seconde de "(ONe)" une production calibrée pour la FM. Tous les angles sont arrondis, et rien ne dépasse vraiment. Même si musicalement le nouveau quartet remplit largement son office (et on n’attendait pas moins, à vrai dire, que ce minimum syndical là), il reste qu’on a perdu ici une partie de la flamboyance qui a fait Jane’s Addiction. Les regrets, dès lors, ne font que redoubler après cette nouvelle séparation, qui ne laisse présager que du juste correct là où le génie pur avait alimenté toute une discographie, restée en mémoire.
Nostalgie, tu nous tueras tous.
1. Teahouse of the spirits
2. Left to lose
3. Bloody Mary
4. Why cry
5. Awake
6. She won't last
7. Said you'd be
8. Outsider
9. Blue Bruises
10. Night One (from Planchette)
11. Listen
12. Lie next to me
13.