The Project Hate MCMXCIX


Armageddon March Eternal


Threeman Recordings


Modern Death with female vocals


2005




Jusqu’à présent, les albums de The Project Hate MCMXCIX – soyons intimes maintenant qu’on se connaît, appelons les tout simplement TPH - ne nous avaient pas plus excité que ça. Mais comme dit la sagesse populaire, tout vient à point à qui sait attendre. Car « Armageddon March Eternal – Symphonies of Slit Wrists », quatrième album studio du combo, possède tous les arguments propices à convaincre.
TPH ne vise pas à redéfinir ou créer un style mais bel et bien à enfoncer le clou rouillé d’un death metal moderne et velu agrémenté d’une voix féminine et de touches électroniques. On nous a fait mille fois le couplet de la belle et la bête, pourtant force est de constater que lorsque cette recette est bien sentie elle fonctionne. Férocité portée par des grunts d’outre tombe en contraste avec le filet de voix persuasif de la belle Jo Enckell, les arguments pèsent même si on n’échappe pas une fois de plus aux textes blasphématoires éculés. Jo Enckell occupe plus d’espace sur ce « Armageddon March Eternal » et parvient à tisser des moments classieux (le très bon «Resurrected for massive torture », point fort de l’album, “We couldn't be further from the truce »).
Ayant déjà officié sur le premier album du groupe « Cybersonic Superchrist », Dan Swanö marque un retour gagnant à la production en projetant avec violence les riffs plombés et intensifiant la dynamique entre atmosphères synthétiques ornées de samples et brutalité frontale. C’est sans conteste cette progression incessante des ambiances au travers des titres longs (plus de huit minutes en moyenne) qui donne l’ampleur et l’attrait d’« Armageddon March Eternal », le plaçant dans la catégorie des albums qui s’appréhendent et s’apprécient au travers d’écoutes répétées.
Point de révolution pour TPH mais assurément du bien bel ouvrage, du lourd percutant et saignant à souhait cohabitant avec des sonorités samplées actuelles tout en lorgnant vers des émanations atmosphériques qui rappellent le début des années 90.
Un grand écart presque paradoxal en somme, mais avant tout réussi et très efficace. A découvrir.


01. At the entrance to hell's unholy fire
02. The bleeding eyes of a breeding whore
03. I see nothing but flesh
04. Resurrected for massive torture
05. We couldn't be further from the truce
06. Godslaughtering murder machine
07. Symphony of the deceived
08. Loveless, godless, flawless