Entièrement dévoué à la cause du death métal brutal à ses débuts en 1997, le groupe, qui officie alors sous le patronyme de Throat Culture, recrute peu après un claviériste (Brian Fisher, également préposé aux backing vocals) et va peu à peu intégrer des influences thrash et black métal'>

Throcult


Soldiers of a Blackened War


Crash Music Inc/ Crash/Pavement


death black


2003




Terre natale des grinders de Cephalic Carnage ou Ad Nauseam, la ville de Denver au Colorado peut aujourd'hui s'enorgueillir d'un nouveau représentant en matière d'extrêmisme musical, j'ai nommé Throcult.
Entièrement dévoué à la cause du death métal brutal à ses débuts en 1997, le groupe, qui officie alors sous le patronyme de Throat Culture, recrute peu après un claviériste (Brian Fisher, également préposé aux backing vocals) et va peu à peu intégrer des influences thrash et black métal à sa musique.
S'en suivent une démo "Hunted" et un album "The Flower of Flesh and Blood" en 2002, qui suscitent de bonnes réactions dans l'underground et permettent à Throcult de monter sur les planches aux côtés de grosses formations (Cradle Of Filth, In Flames, Type O Negative, Overkill,...).
Le groupe, composé de Chris Vigil (chant), Nick Jackson (guitare), Cassie Begay (basse) et Brian Fisher (claviers), devient enfin un sextuor avec l'arrivée d'un nouveau batteur (Jeremy Portz) et d'un second guitariste (Ivan Alcala), tous deux échappés du défunt combo death Serberus, autre gloire locale qui figure aussi sur le catalogue de Crash Music.
Voilà donc pour la petite histoire. Pour en revenir à ce qui nous intéresse en premier lieu, la musique, ce "Soldiers of a blackened war" (qui est donc le premier enregistrement de Throcult avec ce nouveau line-up) a le mérite de proposer quelque chose d'un peu différent de ce qu'on a l'habitude d'entendre, à savoir des compos aux racines fortement ancrées dans le death brutal made in US qui s'enrichissent d'éléments empruntés au black et au thrash métal scandinaves. "Kill or be killed" (qui parle des évènements du 11 septembre) démarre ainsi avec une intro mid-tempo très black métal où les claviers créent une ambiance sombre et glaciale (un peu dans la veine de Dissection ou Dimmu Borgir) avant d'enchaîner sur une partie thrash métal dont At The Gates n'aurait pas renié le riff principal et, chose rare, un refrain efficace et facilement mémorisable; "Eclipse of the blood moon" débute avec une partie black très violente où les accords de guitare évoquent Darkthrone ou Immortal, suivie de passages à la brutalité mécanique typique des groupes death américains, pendant lesquelles les blast beats succèdent aux attaques incessantes de la double grosse caisse et les vocaux - à mi-chemin entre chant criard et grognements d'homme de Néanderthal - se font carrément hystériques; sur "Hunted", les nappes de clavier tissent une ambiance nordique et démoniaque qui fait froid dans le dos, sur un rythme dont la lenteur rappelle une marche funéraire, avant que ne survienne une accélération proche d'un Cannibal Corpse.
Bref, vous l'aurez compris, Throcult ne ménage pas ses efforts pour tirer son épingle du jeu et présente sur ce CD
un death/black métal aux atouts non négligeables, qui mérite largement qu'on y jette une oreille mais qui manque peut-être encore d'une personnalité et d'une technique plus affirmées pour pouvoir rivaliser avec les grands noms de la scène extrême US et internationale. La production est quant à elle très correcte mais ne fait pas oublier que l'album (une intro plus six titres) affiche une durée d'à peine 27 mn !