Two Lone Swordsmen
The double gone chapel
Warp Records Ltd
post-punk electro
2004
Le nouvel opus de Two Lone Swordsmen replonge la tête de son auditoire en terreau Post-Punk, en espérant qu’il en poussera quelque chose.
Gagné. L’émotion est bien au rendez-vous : les rythmiques répétitives de Two Lone Swordsmen marient sur "The double gone chapel" une électronique lancinante et presque lo-fi à des rythmiques linéaires et des effets très Cold, que ce soit dans les ambiances ou les sons de basse ("Damp" sonne très Cure sur le plan rythmique). Hybride, le son en appelle très fortement aux années 80. Andrew Weatherall (Sabres Of Paradise), en plein trip nostalgique, prend un malin plaisir à triturer les eighties dans tous les sens. Il en retire une essence froide et squelettique, à coup de beats cliniques et de voix désenchantées… lorsque ces dernières daignent apparaître, car le disque est empli d’instrumentaux purs. Alors que le début du disque insiste sur les textures plus Electro, les sons acoustiques prennent le dessus dès "Formica fuego", un rock froid, tendu et enlevé, un groove que Minimal Compact n’aurait pas renié, des attaques de guitares noise minimales et une ligne de basse que Joy Division aurait pu torturer davantage. L’impression se confirme sur "The lurch" qui porte en lui la lancinance, un état que viennent déranger des effets Wave 80’s sur les motifs de claviers et que viendront annihiler l’Electro Post-Punk du titre suivant, "Sex beat", sur lequel les voix imprègnent à l’ensemble une grande déprime, malgré l’élan de l’ensemble.
Two Lone Swordsmen fait renaître ce moment où le rock rencontra les machines et la nuit, ce moment où le Punk mourut pour se coupler à l’électronique et accoucher de toute une vague de groupes anxieux et blafards. Il inscrit sa progression dans l’usage d’armes anciennes qui donnent une nouvelle échelle référentielle au groupe, et vient aussi compléter une discographie ouverte à l’étrange. Les amateurs de Wire ou Joy Division (testez donc "Sick when we kiss", pour le souvenir) y retrouveront certains de leurs petits mais… quand même, ils font une drôle de tête aujourd’hui.
D’ici, ça paraît clair. La cure d’antidépresseurs ne fait que commencer, les amis.
1. Stack up
2. Faux
3. Formica fuego
4. The lurch
5. Sex beat
6. Damp
7. Punches and knives
8. The valve
9. Kamanda’s response
10. Sick when we kiss
11. Taste of your flames
12. Driving with my gears in reverse (only makes you move further away)