Violet Indiana


Russian doll


Bella Union / V2


melancolic ethereal pop


2004




Second album de Violet Indiana, "Russian doll" est aussi son meilleur. Non que la musicalité du premier ait failli, mais Violet Indiana n’arrivait pas vraiment à convaincre d’une réelle personnalité le long de ces chansons lisses et sans réel élan. C’est une autre paire de manches aujourd’hui, car Robin Guthrie semble bien décidé à dépasser son passé dans Cocteau Twins. Si on reconnaît immanquablement les textures éthérées propres à son travail d’antan, la musique de Violet Indiana possède ce feeling légèrement jazzy ("Quelque jour", "(My baby was a) sheat") qui fait la touche d’un certain nombre de groupes de Pop mélancolique. Le premier titre ("Never enough") impose d’emblée la puissance harmonique du duo, pour ce qui formera un des moments forts du disque. Les sons de guitares de Robin Guthrie se reconnaissent entre mille et, enfouis dans l’écho, recréent ces sensations aquatiques délicieuses qui firent "nos" années 80 ("New girl", "You"). Il y a donc bien le retour d’une certaine magie dans ce très beau second opus, même si la très belle voix de Siobhan de Mare ne nous fait point oublier les effluves rêveuses de Liz Fraser. Malgré tout, cette dernière affirme une personnalité certaine : sur "Russian doll" elle insuffle une vraie chaleur à des textures cabaret ("Touch me") qui frisent avec le psyché (la très planante et froide ballade "The visit") et dont le lignes de basses rejoignent les tréfonds de la Cold Wave (le fantastique et très évocateur "Beyond the furr").
Ceux qui cherchaient à Cocteau Twins une séquelle digne de ce nom se retrouveront assurément dans le nouvel album de Guthrie et sa muse. Car on retrouve en ce disque un feeling à part qui contribua à l’explosion d’un groupe majeur et qui aujourd’hui, prolonge un souffle de vie dans une forme très pure de beauté.


1. Never enough
2. Quelque jour
3. (My baby was a) cheat
4. New girl
5. The visit
6. You
7. Touch me
8. Innocent
9. Beyond the furr
10. Close the world