VVerevvolf Grevh


Zombie Aesthetics


Relapse Records


expérimental métal


2008




A tous ceux qui se demandaient ce qui se passait derrière les yeux vitreux des pires zombies du cinéma, le projet Werwolf Grehv (à écrire avec des vv en place des w) apporte une réponse. Ou plutôt deux.
L’album des petits malins, survivants d'une chasse vaudou (nom du groupe à couper le souffle, titre fabuleux d'humour, pochette hideuse à souhait pour décorer un pub ou la galerie d'un centre commercial) est fortement scindé en deux parties. La première joue dans un registre Fantomas et la deuxième manie le minimalisme électronique le moins fédérateur ou le plus repoussant - entre sons de jeux vidéos vintage et dub à deux sous.
Je passe donc rapidement sur cette fin d'album que peu écouteront dans la continuité, s'ils parviennent jusque là. Peut-être symbolise-t-elle la musique qui fait fuir les hordes sauvages lancées aux trousses des pauvres rescapés. Peut-être est-elle le vide laissé après la rupture de la moelle épinière ? J'ai davantage accroché au bordel organisé de riffs concassés à la tronçonneuse et de redémarrage en quatrième qui font crisser les batteries...
Malgré son enthousiasme à se faire décrocher la tête et le cerveau, l'auditeur est cependant déçu. On a beau jaser sur l'aspect foutraque des titres de Mike Patton, ce gars maîtrise son sujet. Avec les Werewolf Grehv, le sujet est moins bien traité : les ruptures se font trop techniques, ça sent la volonté de donner dans l'épate plus que le bonheur de jouer cassé (« Audio Processor »). En quelque sorte, ça manque d'humour et face aux zombies, c'est important de sentir une cohésion dans l'allégresse. Alors que les filles de bonne famille massacraient leurs voisins à coups de Déliator au piano, voilà que les mauvais garçons trucident du mort-vivant avec la même méthode électrifiée...
Alors, passé l'agréable choc des premières minutes, la découverte de la mixture electro là-dessous (« Eureka Ghost »), on sent poindre l'ennui car on n'accroche pas plus que ça. On se lasse des assauts répétés, même si on sent qu'on fera écouter un titre ou deux aux copains pour leur montrer le nouveau groupe qu'on a déniché... Un meilleur parti-pris lors du mixage aurait permis de faire claquer différemment la Winchester familiale et les crépitements du lance-flamme. C'est la formule du dernier Mayhem qui, conjuguée à la voix d'Attila, fait un carton plein.
La recherche de l'innovation à tout prix ne doit pas laisser de côté le feeling. Or, il semble que c'est de cette lacune que souffre ces « Zombie Aesthetics ». Ne soyons pas mauvais joueur : après tout, depuis quand un zombie a-t-il des sentiments ?


1. Emancipation Of Dissonance
2. Eureka Ghost
3. Audio Processor
4. Year Zero
5. Over Active Appreciation
6. Specimen Well
7. Zombie Aesthetics
8. Voodoo Pantheon
9. Linking Life To Death In A Continuous Experience
10. Psychotronic
11. Thinking And Feeling