Warrel Dane
Praises To The War Machine
Century Media
heavy metal
2008
En se donnant via un projet solo l’occasion de jaillir plus nettement au coeur d’un espace musical aussi protéiforme que le Metal, Warrel Dane n’a pas pour autant pris l’option de s’écarter fondamentalement des tonalités heavy que développaient ses propres groupes, Sanctuary et le renommé Nevermore.
Une musicalité solide fait le menu de ce premier album paraissant sous son nom propre. Les guitares, monopolisant le propos sur le plan instrumental, nourrissent sans vergogne une série de compositions originales, au-delà de deux reprises plus ou moins intéressantes et rendant hommage d’un côté à Paul Simon (un "Patterns" plus nerveux et catchy que prévu), de l’autre à ces Sisters Of Mercy ressortant du background "original goth" de Dane. En ce qui concerne ces derniers, c’est une version hommage modifiée sur le plan des lignes harmoniques qui s’impose, reprenant le plus que fameux "Lucretia my Reflection" (titre préféré de Dane avec "Dominion"), sorti originellement en 1987 sur l’opéra semi-synthétique concocté par Andrew Eldritch, "Floodland".
Secondé par un line-up expérimenté (Dirk Verbeuren à la batterie, Matt Wicklund et Peter Witchers tous deux en charge des parties de basse et de guitare… et dont les services se voient complétés pour un petit solo par le guitariste de Nevermore, Jeff Loomis, sur "Messenger", ou l’éternel James Murphy sur "The Day the Rats went to War"), Warrel Dane échafaude un son cohérent et assez souvent prenant.
Le style qu’il développe sur "Praises For The War Machine" reste cependant circonscrit dans les limites d'un Heavy très conventionnel, et auquel seule la production donne un semblant de modernité. On reconnaîtra immédiatement l’ancrage culturel de la chose : à l’instar d’un Halford en solo ou d’un Judas Priest plutôt en forme, Dane impose dès "When we pray", un son se fondant sur de lourdes et simples rythmiques, des tempos medium visant de prime abord l'efficacité ("This old Man") mais sachant aussi se doter de collages atmosphériques ("Obey"). Ca lorgne parfois, malheureusement, vers de sirupeux formats ballades (le très dispensable "Feel Failure", suivi de près dans ce registre par le plus musclé "Brother").
Le chant de Dane, quasi-impeccable du début à la fin du disque, instille une substance venimeuse à des ensembles construits de manière fort classique : couplet / refrain, pont, et bingo. Autant dire : pas de constructions progressives au menu. C’est du gros Rock, point barre. Dane ne fait pas spécialement dans la musique cérébrale, préfère jouer la carte du feeling. C’est une force du disque.
Au final, ça n’est sûrement pas l’impression de voir un chef d’œuvre s’imposer qui ressort de l’écoute, mais Dane parvient à s’offrir une entrée honorable dans le monde des artistes solo. "Praises For The War Machine", soigné et doté de beaux contrastes, parvient au moins à cela.
Une bonne mention honorable.
1. When we Pray
2. Messenger
3. Obey
4. Lucretia my Reflection [The Sisters Of Mercy cover]
5. Let you down
6. August
7. Your chosen Misery
8. The Day the Rats went to War
9. Brother
10. Patterns [Paul Simon cover]
11. This old Man
12. Equilibrium