ZSK


We Are The Kids


Bitzcore


skate punk enragé


2005




Les ZSK doivent en énerver plus d’un en Allemagne. Ils sont jeunes. Le chanteur et guitariste Joshi a des cheveux rouges flamboyants et la moue facile. Ils jouent du punk. Ils vendent des albums et tournent bien comme par exemple cet été avec Bad Religion. Surtout, ils font partie de cette frange politiquement engagée à qui on ne la fait pas. Loin de se satisfaire d’une simple dénonciation des travers de notre société (que même Florent Pagny peut s’approprier !), les ZSK jouent la carte de l’utile. Le livret de leur compilation de quatorze titres regorge de citations d’Orwell, de Chomsky, d’articles et de présentations d’organisations d’activistes comme la PETA (contre les tests sur les animaux), de l’EZLN mexicaine, ou contre les violences policières. Le Cd-rom offert contient des clips et des liens internet vers les sites que le groupe a pris comme « amis ».
Le message est clair : manifester et rentrer ensuite chez soi ne suffit pas, il faut participer, s’impliquer dans des organisations et faire pression continuellement.
Voilà le retour du punk-rock de base, revendicatif, informatif, ne reculant devant aucun moyen pour dénoncer. Le punk comme épine, comme aiguillon de douleur qui dérange et fait avancer les consciences.
On les remerciera donc pour cette ligne politique. Reste la musique.
Classique punk-rock lignée skate avec chœurs de Flori (batterie) et Beni (guitare) qui emportent tout, guitares réglées dans les aiguës, breaks et accélérations, la basse (Eike) et la batterie assurent un rythme de croisière sans faux plan. « There is a lot you won’t see on MTV » clame le titre « We Are The Kids ». Ce n’est pas mon impression. Alien Ant Farm, Jimmy Eat World, Offspring (là, au moins on a une voix unique), Green Day, Blink 182, Sum 41 cartonnent depuis des années avec des compos similaires. Les Greedy Guts, Pennywise, Millencolin, Satanic Surfers, NRA, Lagwagon, Good Ridance, H20, Seven Hate, Sixpack (là aussi une voix unique !), Bushmen et autres néo-punks aux confluents du hard-core émo ont eux aussi expérimenté jusqu’à la nausée ce son. Fin du name-dropping qui aura peut-être réjoui les tenants de cette école.
Le tempo se réveille plus sur la bien nommée « Dare To Revolt » et en 43 secondes, c’est un vrai morceau à la limite du oï dans la voix et les pulsations qui déboule. « Upside Down » bénéficie de la même production et d’une même composition sans allégeance. Il faut croire que depuis leur premier album, les quatre garçons ont perdu la main ou ont mis du velours autour de leurs grenades. Sauf que « Fight For More », plus récent, allie la précision à quelques idées plus marquantes (voix isolées au départ, meilleur osmose entre les trois voix, quelques riffs à l’impact presque métal ). Ces morceaux-là, les consorts ne les sortent pas. Alors à défaut d’un passage à l’acte par un son et des morceaux plus personnels et qui réveilleraient le genre, on va reconnaître aux ZSK leur fougue, leur enthousiasme et leur propension à sortir des clichés des « filles super qui aiment montrer leurs seins aux sk8-boys ».


1. Hello 1984 (from the EP « If Liberty Means Anything At All », 2004)
2. We Are The Kids (from the album « From Protest To Resistance », 2004)
3. Keine Angst (« From Protest To Resistance »)
4. Dare To Revolt (from the album « Riot radio », 2002)
5. Upside Down (« Riot radio »)
6. Business As usual (« From Protest To Resistance »)
7. Fight For More (« From Protest To Resistance »)
8. This Is Our Answer (« From Protest To Resistance »)
9. Riot Radio (« Riot radio »)
10. Where Are You (« Riot radio »)
11. Was Uns Noch Übrigbleibt (« If Liberty Means Anything At All »)
12. Small Steps (« From Protest To Resistance »)
13. Time To Lose (« From Protest To Resistance »)
14. One Day (« Riot radio »)