Interview]

Noctule Sorix

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01/2005 - par e-mail

Depuis plusieurs années, Noctule Sorix fait partie des formations issues de cette scène française indépendante et peu encline à compromis ou arrangements. Partis d’un univers plutôt ancré dans la Cold Wave mais sans désintérêt pour l’expérimentation électroniques, Noctule Sorix a bâti au cours des années une discographie hybride, entre froideur, pop, et synthèse lunaire ou décadente, et dont le dernier arrivage se nomme "Zygène de la Filipendule", un des albums les plus étonnants et aboutis par cette formation hors normes. Rencontre avec les protagonistes Zok et Noctule h., à l’heure où se dessinent de nouvelles perspectives pour un groupe qui a connu déjà pas mal de secousses, sur le plan humain comme artistique.

Photo de Noctule Sorix

- Obsküre : De la formation originelle, Zok. et Noctule. h sont les seuls présents dans la formation actuelle. Comment définiriez-vous l’essence de votre relationnel artistique ? Qu’est-ce qui fait que ça fonctionne depuis 1995 ?

- Noctule. h : Je ne sais pas ce qui fait que cela fonctionneâ€' Le fait est qu’effectivement ça fonctionne plutôt bien. Disons que notre véritable relation artistique ne s’est épanouie qu’à partir de 2000. Avant nous avions plutôt une relation basique de musiciens qui jouent dans un même groupe, sans plus. Avec le départ de Mr Fabb les choses ont changé. Je pense que Zok. a comblé le manque que j’éprouvais alors, un besoin de dialoguer pour construire quelque chose en communâ€' De plus, le fait d’être amis dans la vie aide également. Nous n’avons jamais eu de différends majeurs à propos du groupe (sauf sur les pochettes peut-être - rires â€'), de plus nous avons eu à peu près les mêmes aspirations au même moment, du coup ça ne peut que fonctionner â€'
- Zok. : C’est vrai que l’on ne se pose pas trop de questions. On ne se demande pas ce qu’on devrait faire, ni comment, les choses sont toujours venues de manière évidente, à l’instinct. C’est sûrement ce qui fait notre force, rien n’est véritablement planifié, on est simplement sur la même longueur d’onde.

- Difficile de ne pas évoquer la mémoire de Mr Fabb, frère décédé de Noctule. h : quelle image gardez-vous de lui, et comment définiriez-vous l’apport qu’il a eu au sein de Noctule Sorix jusqu’au second album, sur les plans à la fois humain et musical ?

- Noctule. h : Hormis le fait qu’il ait été mon frère jumeau avec tout ce que cela implique de complicité ou de rivalité au quotidien, c’est la personne avec laquelle je me suis construit musicalement. Nous écoutions sensiblement la même musique et avons appris à jouer de nos instruments respectifs ensemble. Du coup c’était super intuitif. Nous n’avions pas réellement besoin de parler pour jouer ensemble, les choses se faisaient naturellement. Nous nous prenions souvent la tête pour des conneries, mais rarement pour des choix artistiques ou des décisions autour du groupe. Les compositions se faisaient à deux soit sur une ligne de clavier qu’il avait trouvée (Cf. les pianos sur "Trouble Vision" ou "Demi-Deuil" sur le dernier album â€') ou sur un rythme que j’avais mis en place. Nous étions complémentaires de ce point de vu là, il maîtrisait bien mieux les mélodies que moi, mais n’était pas super doué pour la rythmique ou la programmation â€'
- Zok. : Quand je suis arrivé en 1995, j’ai trouvé un noyau de trois personnes (Noctule. h, Mr Fabb et Franky Hillman) qui composait l’âme de Noctule Sorix. Et même si le groupe se cherchait encore, j’étais complètement en accord avec les influences "Curesques" qui se dégageaient à l’époque, notamment au travers du fan absolu que je retrouvais en Mr Fabb. C’est cette passion commune et surtout beaucoup de déconne que je retiens de cette période dans laquelle Noctule Sorix plonge ses racines. C’est donc plus le côté humain que je retiens, ayant été absent lors du premier album. Mais son influence reste présente sur ce dernier album, pas seulement par hommage, mais aussi parce que ses compositions restent en harmonie avec notre travail actuel.
- Noctule. h : Les meilleurs souvenirs de lui qu’il me reste, liés à Noctule Sorix, sont incontestablement l’écriture et les enregistrements de "Sweet Asylum ?". Nous avons travaillé à deux, puis à trois, en studio avec Franky Hillman durant près d’un mois où nous n’avons fait que de délirer et paradoxalement c’est peut-être notre album le plus sombre et le moins optimiste. Qui sait, nous avions peut-être déjà là la prémonition inconsciente d’un avenir pas super réjouissant ?...

Photo de Noctule Sorix

- Après les dissensions internes qui eurent lieu à l’époque de la présence de Jérôme AD (Drama Of The Spheres) dans Noctule Sorix, êtes vous toujours en contact avec les membres de cette formation, et si oui, que deviennent-ils ?

- Zok. : Pour ma part, j’ai surtout noté une dissension, la mienne. C’est pour cela que je suis parti à l’époque. Je n’étais peut-être pas le seul à percevoir que cette issue serait inévitable, mais je me refusais à vivre cette période de l’intérieur. Même si l’apport musical de Jérôme AD était indiscutable, Noctule Sorix y aurait perdu son âme.
- Noctule. h : Oui, j’ai revu Jérôme AD il y a quelques temps déjà et nous avons reparlé de cette époque plutôt difficile pour tout le monde. Il y avait pas mal de ressentiments et de regrets des deux côtés, mais nous avons tout de même enterré la hache de guerre devant un verre. Nous ne sommes pas restés en contact plus que cela pour autant. Je sais qu’après "Unable to Dream", il avait composé un troisième album avec Drama of the Spheres, avant de dissoudre la formation. Nico des Violet Stigmata doit d’ailleurs me l’envoyer depuis des lustres (rires â€'). Les deux autres membres ont complètement arrêté la musique, je crois, et Jérôme AD est parti vivre à Londres, où il compose encore de la musique électro sous le nom de Sir Jad â€' Je n’en sais pas plus que çaâ€'

Votre participation à une compilation de Cleopatra en 2000 a-t-elle eu des conséquences inattendues, en termes de contacts par exemple ?

Noctule. h : Lorsque j’ai envoyé "JoaS lova" à Cleopatra en 1999, ils ont flashé sur le morceau "Evil Song", pas forcément ce qu’on ai fait de mieux entre parenthèses, et ils l’ont inclus à la compilation "The Unquiet Grave 2000", qui s’est plutôt bien distribuée. Du coup, j’ai reçu du courrier d’un peu partout (Australie, Pérou, Allemagne, USA et même du Japon) de gens qui voulaient en savoir plus sur le groupe. Il nous arrive encore aujourd’hui de tomber sur des sites web ou des forums à travers le monde qui citent Noctule Sorix dans leurs groupes favoris alors qu’il ne connaissent de nous que ce morceau â€' Je les contacte souvent par mail pour leur dire que le groupe à fait pas mal de choses depuis, et il arrive que cela donne des rencontres intéressantes comme un américain en Californie à qui j’ai envoyé la discographie du groupe et qui nous diffuse sur une radio locale pratiquement toutes les deux semaines. Il faut d’ailleurs que je lui envoie « Zygène » rapidement â€' C’est amusant de se dire qu’il y a des gens qui peuvent aimer un groupe en n’ayant entendu qu’un morceau de celui-ci. Mais quel morceau ! (rires â€')

La persistance des labels de rester sourd à votre travail provient-il du fait que vous ne les démarchez plus vraiment ? Souhaitez-vous, in fine, rester dans un cadre autoproduit ?

- Noctule. h : Depuis 1999, je n’ai jamais cessé de contacter des labels. J’ai même contacté des majors par dépit (rires â€'). Je ne compte même plus les envois que nous avons fait depuis 6 ans car ça me déprime quand je vois le nombre de CD et de press books envoyés et le nombre de réponses que je reçois. Je sais bien que nous ne sommes pas et ne serons jamais un groupe grand public, mais je crois que nous avons tout de même le potentiel pour trouver un public raisonnable et l’envie de faire des choses intéressantes avec un label digne de ce nom.
Mais effectivement, après tant de désintérêt et de refus, nous nous disons que l’autoproduction ce n’est pas si mal que ça â€' On n’a pas de contraintes artistiques ou financières en termes de résultats et nous sommes libres de nos choix. Nous avons bien reçu quelques propositions de tout petits labels qui étaient prêts à nous signer, pour au final nous proposer des choses que l’on peut faire nous même sans grand risque comme sortir un album par an et nous faire faire deux concerts dans l’année. Certains produisaient même seulement des CD-R avec des tirages à 50 exemplaires ultra limités, mais voulaient en plus nous imposer des contraintes artistiques pour coller au mieux à leur image â€' N'importe quoi â€' (rires â€').
Je pense qu’à notre niveau l’autoproduction reste le seul choix possible, nous ne sommes pas encore assez connus pour intéresser un label qui fasse le poids et qui ait l’envie d’investir sur nous avec tout ce que cela comporte comme incertitudes, alors que les gens n’achètent déjà plus les albums des pointures du moment. Il faut être réaliste, vu la situation actuelle dans le milieu de la musique qui ne fait qu’empirer, je ne pense pas que nous soyons signés un jour. Mais ça ne m’inquiète pas plus que ça, je pense que les gens fidèles au groupe nous suivront, que nous soyons sur un label ou en autoproduction. Le vrai problème pour nous reste la distribution. Si les gens ne peuvent pas trouver nos albums facilement, ils ont beau êtres géniaux (rires â€'), ils ne les achèteront pas. C’est donc bien plus vers les distributeurs que nos recherches se portent aujourd’hui.
- Zok. : Les gros labels ont toujours voulu faire de l’argent avec la musique, et jusque là, tout le monde y trouvait son compte : les producteurs, les groupes et le public. Mais comme nous vivons une période d’excès, les labels se détournent tellement de l’artistique qu’ils achètent des jeunes qu’ils modèlent à leur guise, en ayant ensuite droit de vie et de mort sur eux (contrats dictatoriaux), tout cela payé à coup de SMS et pub TV. Sachant que des artistes encore vendeurs sont virés de leur propre label, quel peut être l’avenir d’un groupe comme le notre dans cette jungle ? Etre signé par un label intermédiaire reste notre seule chance. Mais nous ne pourrons pas en vivre, et supporterons les volontés de ceux qui nous produisent (Super U Melun le lundi, Café des sportifs le jeudi soir et thé dansant le dimanche â€'), on en supporte déjà assez pendant la semaine. Alors oui, nous avons peut-être fini d’y croire, mais ça ne nous empêche pas de vivre notre passion et de la partager. Ca nous coûte un peu d’argent c’est vrai, mais la liberté est peut-être à ce prix là ?...

- Comptez-vous développer l’association N-SX, suite à la sortie de votre collaboration avec Virus 37, comme un véritable label ?

- Noctule. h : Effectivement, je conçois l’association N-SX Project comme un label à part entière. Nous avons déjà produit le premier Maxi de Virus 37 (en plus des albums et des maxis de Noctule Sorix) et s’ils se bougent un peu, j’aimerais bien sortir leur album courant 2005. Je travaille également sur un projet qui s’appel Clark avec deux autres personnes et nous avons aussi pour ambition de sortir un maxi ou un album en 2005. Les morceaux avancent bien, mais nous avons malheureusement un peu de mal à trouver du temps pour bosser ensemble. J’aimerais aussi sortir un maxi électro/indus instrumental. Nous avons donc plein de projets déjà en court avec l’association N-SX Project et de plus, nous ne sommes pas contre la production de groupes extérieurs à notre cercle intime dans l’avenir, du moment qu’ils nous plaisent. Pour le moment nous n’avons reçu que des démos de groupe de Thrash qui voulaient être produit par nous. Je ne sais pas pourquoi ils nous ont contacté, car malheureusement pour eux, ce n’est pas trop mon style de musique. Vu tous les projets sur lesquels nous travaillons déjà, il faudrait vraiment que j’ai le coup de foudre sur un groupe pour freiner un projet en cours. Mais pourquoi pas ?...

Photo de Noctule Sorix

- Avec le recul, comment appréciez-vous le virage artistique qui s’est opéré avec les formats courts "Chrysalide Child" et "Mr Brown" ? Cela a-t-il été un processus naturel, évident, ou cela a-t-il découlé d’une certaine réflexion ?

- Noctule. h : Pour "Chrysalide Child" la rupture avec ce qui avait été fait auparavant est évidente. Mr Fabb n’était plus là et le line up a changé radicalement avec l’arrivée de Dieter. G. Nous nous sommes retrouvés à deux guitares et une basse, du coup les nouveaux morceaux ont pris une coloration Cold Wave naturellement. Nous avons sorti ce maxi pour affirmer la nouvelle identité du groupe auprès des médias et du public. Nous sommes véritablement repartis à zéro artistiquement pour aboutir à une formule qui fonctionnait plutôt bien.
"Mr Brown" est sorti par la suite, d’une part en vue de nous permettre de contacter plus facilement des labels avec un support court et efficace et d’une autre part pour faire patienter les fans qui nous réclamaient inlassablement un nouvel album. De plus j’avais déjà dans l’idée de réaliser une sorte de mini collection de maxis 4 titres (pochettes carton) pour lancer le label N-SX Project. "Good time is forever gone" de Virus 37 étant la suite de cette démarche. Un maxi de Clark devrait voir le jour bientôt j’espère.

- Le nouvel opus, "Zygène de la Filipendule", vient de sortir. Comment se sont passés les enregistrements ? Vous avez expliqué que le mixage avait été compliqué. En quoi ?

-Noctule. h : Nous sommes entrés en studio en février et nous en sommes sortis fin septembre. C’était la première fois que nous restions aussi longtemps en studio et que nous y entrions avec des morceaux inachevés. Nous avons fait une coupure dans les enregistrements vers avril / mai sans suspendre nos séances de travail pour autant, et, du coup, il y a des morceaux que nous jouions en répétition qui ont encore évolué à cette période, alors qu’une partie avait déjà été enregistrée avec des arrangements qui n’étaient plus valables. "1830" par exemple est le morceau qui a le plus évolué au court des enregistrements.
Nous avions également contacté Faith and the Muse dont nous avions fait la première partie à Strasbourg pour proposer à Monica Richards de chanter sur deux morceaux de l’album. Ils nous ont dit de leur envoyer les morceaux et qu’ils verraient en fonction si c’était faisable. Nous leur avons donc envoyé les morceaux, mais depuis plus de nouvelles â€' Ils n’ont pas dû apprécier notre musique... Bref, cela nous a également fait perdre un peu de temps et avec le mixage où tout le monde avait un avis différent sur le rendu final des morceaux, il y a eu quelques discussions, mais rien de bien grave. De plus la situation était encore compliquée par le fait que nous avions souvent du mal à se retrouver à quatre avec Franky Hillman à cause d’emplois du temps pas toujours compatibles. Donc c’était un peu éprouvant par moments car nous travaillions deux par deux et faisions écouter les choses aux autres après coupâ€' Mais au final, on s’en est quand même sorti et l’album est homogène dans son mixage du moins.
- Zok. : Il faut toujours me laisser du temps pour terminer mes textes, mais la prochaine fois, je ferai plus court, car je reste persuadé que peu de gens s’y intéressent vraiment. Pour le reste, ce n’est pas gênant de prendre du temps pour faire un album. On voulait vraiment que les morceaux aient une vie avant de se retrouver gravés pour l’éternité, afin de les retrouver en pleine maturité sur le cd. Même s’il m’est arrivé de finir des parties de chant la veille (on ne se refait pas â€').

- Y a-t-il des raisons autres que personnelles, à savoir artistiques, ayant amené Dieter. G à se retirer de Noctule Sorix ?

- Noctule. h : Non, je ne pense pas, il faudrait lui demander. Je crois que d’un point de vue artistique, il était aussi content que nous de la musique que nous jouions ensemble. Nous sommes toujours en relation et en très bons termes. Son départ est véritablement d’ordre personnel, il m’a même proposé de jouer ses parties de guitare avec nous si on nous contactait pour des concerts intéressants. Qui sait, il reviendra peut-être un jour au sein du groupe...

- Dans quelle mesure peut-on dire que Dieter. G ait contribué au dernier album ?

- Noctule. h : "Zygène de la Filipendule" à véritablement été composé à trois dans son ensemble, même si nous avons chacun apporté des morceaux plus ou moins finis musicalement. Il a donc contribué pleinement à la composition, l’enregistrement et au mixage de cet album. C’est le meilleur guitariste avec lequel j’ai travaillé, ses parties de guitare et ses compositions sont vraiment géniales â€' Il a l’avantage, contrairement à pas mal de guitaristes avec lesquels nous avons déjà joué, d’être très polyvalent dans son jeu de guitare et il se met toujours au service du morceau qu’il joue sans vouloir à tout prix imposer un solo ou se mettre en avant. Ce n’est pas évident à trouver ce genre de guitaristeâ€'

Photo de Noctule Sorix

- Qu’est-ce qui vous a amené à reprendre un titre de Cure pour le nouvel album ?

- Noctule. h : The Cure reste une influence majeure dans notre travail. C’est un groupe que nous écoutons toujours, malgré les ratés de leurs derniers albums. Nous jouons tous des morceaux de The Cure dans notre coin pour le plaisir et ce morceau était l’un de ceux que nous connaissions et étions capable de jouer sans l’avoir vraiment répété à l’arrivée de Dieter. G. Du coup nous l’avons inclus à notre playlist de répétition. L’inclure en ghost track à l’album en version acoustique était une sorte de clin d’oeil, beaucoup de gens attendaient de nous une reprise de ce groupe en version électronique, du coup nous avons été à l’opposé. Nous avons tout de même en stock une version plus électronique de Lullaby qu’il faudrait que nous placions un de ces jours sur une compilation ou un tribute. Je devrais peut-être recontacter Cleopatra (rires â€').

- Les colorations asiatiques du nouveau son sont-elles nées dès les ébauches des titres ou cela ne s’est-il produit que plus tard, durant le travail d’arrangement ?

- Noctule. h : Non, je savais dès le début la coloration que je voulais donner à cet album qui me tenait à cÅ“ur depuis un petit moment. Nous avons donc travaillé ensemble dans cette optique. Du coup les sons utilisés pour les claviers ou les samples se sont imposés assez rapidement. De plus lorsque nous composons, il est rare que la partie électronique change du point de vue des sonorités. Elle peut évoluer dans les arrangements avec les parties de guitares ou le chant, mais le son change rarement, voire jamais â€'
- Zok. : J’y travaille, j’y travaille â€' (rires â€')
- Noctule h. : Pour moi c’est un album conceptuel où les images et les sons utilisés sont très orientés Japon médiéval, mais cela va changer avec le prochain album, bien évidemment. Ce n’est pas le son définitif qui doit caractériser le groupe. "Joa Slova" avait un son très Darkwave, "Chrysalide Child" un son plus typé Coldwave alors que "Sweet Asylum ?" reste inclassable selon moi. Cela dépend souvent du concept de départ et de nos humeurs du moment â€' Le prochain sera probablement très différent de "Zygène de la Filipendule" â€' C’est là où l’autoproduction peut avoir son utilité, nous sommes véritablement libres de nos choix artistiques.

- Comptez-vous remplacer Dieter. G et comment entrevoyez-vous l’avenir pour Noctule Sorix ? Avez-vous commencé la composition du quatrième opus ?

- Noctule. h : Non, il n’est pas prévu que nous remplacions Dieter. G dans un avenir proche. Peut-être que nous aurons besoin d’un deuxième guitariste par la suite pour les concerts, mais nous verrons ça en temps voulu. Nous avons effectivement commencé à travailler sur la suite de "Zygène de la Filipendule". Vu les premiers morceaux que nous avons composés, ça devrait surprendre pas mal de gens et le résultat nous plait bien. J’aimerais ressortir un album assez rapidement pour pouvoir être à l’aise à deux sur scène avec des nouveaux morceaux, mais on verra bien ce que l’avenir nous réserve. Une chose est sûre, il y a bien un quatrième album de Noctule Sorix en cours de préparation, mais il est un peu tôt pour en parler â€'
- Zok. : Comme le disait Noctule. h plus haut, ce dernier album et plus généralement tout ce que nous avons fait depuis 4 ans, est un tout créé par trois personnes. Il n’est donc pas concevable aujourd’hui de chercher à remplacer qui que ce soit. De ce fait, nous nous retrouvons dans une situation où en cas de concert, il faudra bien résoudre ce problème. Mais pour le moment, 2005 s’annonce sous le signe du travail, avec un changement de cap inévitable. C’est évidemment un défi technique pour nous deux, l’avenir nous dira donc si ce que nous t’avons répondu à la première question de cette interview nous permettra d’avancer.


Emmanuël

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