Interview]
Eilera
10/2005 - par e-mail
-ObsküR[e] :Introduction rituelle et incontournable : peux tu te présenter et nous présenter tout ce qu’englobe le monde d’Eilera ? Il est rare, dans les milieux assimilés au metal, de voir une chanteuse sortir ses premiers efforts sous son propre nom. On a plus l’habitude de sorties solo après un parcours en groupe. Qu’est-ce qui a présidé à ce choix ?
- Eilera : Eilera est mon projet solo, après avoir travaillé en groupe pendant de nombreuses années au sein de Chrysalis entre autres.
J'étais alors à la guitare et composais musique et textes, avec malgré tout le sentiment de ne jamais pouvoir être libre dans mon travail... Le line-up était rarement partant dans mes expérimentations – je n'ai d'ailleurs jamais gardé le même line-up plus d'un an! - et j'ai fini par vraiment saturer de devoir me justifier à chaque nouveau morceau. Et puis... La guitare ne me suffisait plus. Il me fallait un moyen plus direct de m'exprimer et de trouver la liberté absolue dans mon expression. C'est à ce moment-là que je me suis tournée vers le chant à plein temps. Loïc Tézénas, mon fidèle accolyte, avait travaillé avec moi à plusieurs reprises durant toute cette époque. Nous étions réellement, ce qui est très rare, sur la même longueur d'ondes, et il m'était donc très naturel de continuer avec lui, bien que ma musique ait pris une direction différente.
A présent, je travaille enfin sans limite.
Je peux mélanger à volonté tout ce qui fait mon univers; la couleur métal bien sûr, mais aussi la musique celtique irlandaise, la pop expérimentale, le rock sans filet des 70's... En règle générale tous les aspects passionés et intenses de la musique; toute sa liberté... Tellement rare à l'heure actelle!
...Et ceci en parfaite complicité avec un musicien de grand talent.
-Que s’est il passé pour toi entre « Facettes » en 2003 et ce premier e.p chez Spinefarm ?
-Je me suis mise en quète d'un label dès la sortie de « Facettes ».
Je ne pensais plus du tout pouvoir intéresser le monde du métal, et de toute manière, je ne voulais surtout pas d'un label qui m'interdirait toute expérimentation. Je me suis donc tournée vers la pop pendant un temps, en particulier vers l'Angleterre... Il ne m'a pas fallu très longtemps avant de comprendre que je n'appartenais pas à cet univers beaucoup trop superficiel, qui me demandait d'aseptiser mes morceaux pour être signée... Ou bien d'accepter certains rendez-vous douteux!
C'est bien sûr au moment où je me suis retrouvée au creux de la vague que la lumière a réapparue!
Spinefarm s'était procuré « Facettes », et le directeur avait flashé.
Et moi, je me retrouvais dans un monde beaucoup plus familier, non seulement avec la musique, mais aussi avec la Finlande... Mais cette fois avec une entière liberté artistique.

-N’as-tu pas le sentiment qu’un label tel que Spinefarm peut restreindre tes auditeurs potentiels, le label étant fortement assimilé extrême ? Ou bien est-ce selon toi un gage de crédibilité par rapport à la scène dont Loïc et toi venez ?
-J'ai décidé de faire confiance à Spinefarm, autant qu'ils me font confiance dans mon travail.
Je sais que son directeur a beaucoup d'ambition pour notre avenir. Je sais aussi que c'est un challenge pour Spinefarm d'arriver à franchir les limites du métal pour toucher davantage de monde, et qu'ils vont se donner à fond pour y parvenir.
Je suis également d'avis que Spinefarm est un gage de crédibilité vis-à-vis de la scène métal. Ils font leur travail avec passion et intégrité. Mais il n'est absolument pas question de présenter notre musique comme du métal extrême parce-qu'elle sort sous le label Spinefarm! Ils croient en notre travail sans vouloir le changer; c'est la raison principale qui m'a poussée à signer avec eux.
-Sans aucune connotation péjorative, ta voix me rappelle des intonations éraillées dans les aigues à la Zazie et des pointes à la Bjork. Cela te choque-t-il que je pense ça ?
-Absolument pas! C'est même plutôt flatteur...
J'ai déjà entendu beaucoup de rapprochements faits entre ma voix et celle d'autres chanteuses. Ca ne me dérange pas du tout...
Ma voix reste quand même ma voix! ;-)
-Comme dirait certains « What a gros son ! ». La production de cet e.p est remarquable. Comment s’est déroulé l’enregistrement ? Etiez vous totalement impliqué dans le mixage ou plus en retrait par rapport à l’expérience de Hiilesmaa ?
-Nous sommes habitués à travailler en home-studio avec Loïc.
La maquette du Ep était très précise avant même que nous rentriions en studio à Helsinki, ce qui a permis aux musiciens session ainsi qu'à l'ingénieur son et au producteur de savoir ce que l'on attendait d'eux.
Après, je pense qu'il faut accepter d'avoir confiance dans ce que chacun peut apporter, surtout quand on travaille avec de tels professionnels! Ils se sont tous montrés motivés, impliqués. Ils ont tous donné le meilleur d'eux-même. Les musiciens avaient des parties très claires à jouer, mais j'attendais d'eux qu'ils jouent avec leur coeur et surtout avec leur culture. Trois cultures différentes travaillaient de façon rapprochée: finlandaise, écossaise et française. Je voulais à tout prix que ça transparaisse sur l'enregistrement.
Quant au mix, nous avons d'abord laissé travailler Hiili Hiilesmaa et Juha Heininen avant de nous prononcer. Ils ont une grande expérience, et une écoute nouvelle est toujours précieuse à prendre. Le résultat final par contre n'était validé qu'après un dernier travail en commun.
-On imagine facilement que cet e.p n’est qu’un avant goût d’un album complet à venir. Quelle sera la teneur de cet album ? Plus « Fusion » et « The Angel » que « My Happyland » ou toujours cette alternance ?
-« Precious Moment » est une sorte d'introduction à l'album, en effet. Nous finissons la maquette de l'album à l'heure actuelle et serons bientôt de retour en studio, très certainement avec la même équipe.
Pour la teneur... Aucune règle précise. Du Eilera!

-Question presque hors sujet : que devient Kalisia ?!!! A l’époque j’avais pris ma claque et j’attends toujours !!! Loïc va-t-il rempiler ?
-Je vais le laisser répondre lui-même à cette question:
Loïc : J'ai annoncé que j'arrétais Kalisia l'an dernier. Principalement parce que travailler en groupe ne m'interessait plus assez. Le travail en groupe implique trop de concessions. Surtout quand il s'agit d'un groupe comme Kalisia qui contient des personnalités extrèmement différentes, qui ont des objectifs différents et qui sont plutôt tétues. Mon travail avec Eilera me convient beaucoup mieux. Il n'y a pas besoin de conversations interminables et inutiles pour composer. Tout se fait naturellement. Pour Kalisia, j'ai quand même enregistré mes parties guitare pour l'album en cours de préparation.
Il s'agit d'un album assez ambitieux, mais il va falloir patienter encore un peu avant sa sortie. Le mieux est de consulter www.Kalisia.com pour se tenir au courant de l'évolution de la situation.
En tout cas l'avenir de Kalisia sera donc sans moi ...
-Le mot de la fin. De quoi sera fait le futur d’Eilera ?
-Impossible à dire... C'est ce qui rend la chose si excitante, pas vrai? ;-)
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