Interview]
Deadchovsky
06/06/2007 - Le Klub, Paris
Après un premier album, Decadence Revolution, plutôt réussi, le groupe Batcave français revient avec une nouvelle line-up et un nouvel opus : Spiritus Sancti Bizarre, plus barré que jamais. C’est le moment de faire le point après la sortie de ce disque qui aura su se faire attendre.
- ObsküR[e] : Pour commencer, comme d’importants changements ont eu lieu dans la line-up du groupe, est ce que vous pouvez me présentez les nouveaux membres du groupe ?
- Afterglauk (Basse) : Ca tombe bien ils sont là tous les deux.
- Divarre (Batterie) : Pour résumer : batteur, Xavier alias Divarre.
- Hellebore (Claviers) : Et puis moi : Flora, alias Hellebore. Je joue les claviers... Je suis la seule qui est sur Marseille donc ca complique un peu les choses mais c’est pas grave.
- Afterglauk : Xavier était le batteur naturel de Deadchovsky puisqu’on jouait avec lui dans Trespass et qu’à la base on voulait que ca soit lui le premier batteur du groupe. Il n’avait pas pu donc on avait pris Albator, le batteur de Regard/Malaise Rouge, et puis finalement quand ça c’est fini c’est Xavier qui est revenu logiquement
- Divarre : Ils avaient essayés de me copier sur le premier album ! (rire général) Ils ont essayé de faire une programmationâ€'
- Afterglauk : Oui d’ailleurs sur le premier album il avait déjà programmé la batterie d’un morceau.
- Divarre : Ah oui c’est juste.
- Afterglauk : Tears of Crust
- Hellebore : Et moi avant je bossais avec Manu/Zorch dans Vertigo Smile, et puis après Crimson Muddle, mon truc perso.
- Divarre : Qui fait déjà des concerts internationaux.
- Hellebore : (rire) Ouais mais qui a fait 2 concert en un an.
- Divarre : Premier concert en première partie de Cinema Strange.
- Hellebore : (rire) Ouais, voilà , mais pas des moindres.
- ObsküR[e] : C’était où ?
- Hellebore : A Madrid.

- ObsküR[e] : Très bien, et qu’est ce qui vous a amené à rejoindre Deadchovsky ?
- Divarre : C’était le fait de rejouer avec Mickaël et avec Jean Louis, le guitariste. Parce que j’aimais beaucoup ce que j’ai fait avec eux. Et puis le style musical aussi, qui est quelque chose que j’aimais beaucoup et qui en même temps était très ouvert parce que c’est quelque chose dans lequel on peut vraiment s’éclater donc voilà â€'
- Hellebore : Moi j’ai connu Mika via Ogy( ?), qui fait la dernière phrase du nouvel album (rires), et donc en fait ils ont commencés à chercher un clavier, Ogy a parlé de moi et ca c’est fait un peu comme ça, au début je connaissais personne en faitâ€'
- ObsküR[e] : Quels sont vos centres d’intérêts, qu’est ce que vous faites en dehors de la musique ?
- Hellebore : (Après un long silence) On fait rien en fait (rires)!
- Divarre : Bah allez-y commencez !
- Hellebore : Bah moi je suis chômeuse en dehors de la musiqueâ€' A part ça, j’ai fait des études d’histoire donc je suis assez branché par tout ces trucs là , sinon niveau littérature je lis comme tout le monde et au niveau art j’aime un peut tout en faitâ€'
- Divarre : Moi je suis encore étudiant je suis dans une école de son et de musique, donc je fais un peu ça toute la journée, qui est en même temps une école de cinéma donc j’aime beaucoup tout ce qui est cinéma, scénario tout ça, musique à l’imageâ€' Sinon j’aime beaucoup beaucoup lire même si j’ai un peu moins le temps dernièrement et puis sinonâ€'
- Hellebore : Liturgy Of Decay
- Divarre : Ouais d’autres groupesâ€' Enfin la musique essentiellement.
- Afterglauk : Moi tout pareil. Tout ce qui est art, lecture, musique, toute les formes d’art, mais aussi psycho, voyages, culturesâ€' Tout en fait (rires). Je ne fais pas tout mais je m’intéresse à pratiquement tout.
- Divarre : Il va faire un pèlerinage en Inde bientôt.
- Afterglauk : Ah oui c’est vrai
- ObsküR[e] : Ah ouais intéressant ! Tu vas chercher des influences là -bas ?
- Afterglauk : Sûrement ouiâ€' Et je vais ramener des instruments.
- ObsküR[e] : Et est-ce que tout ces centres d’intérêts vous inspirent dans Deadchovsky ?
- Afterglauk : En ce qui me concerneâ€' Dans tout en fait, tout ce que j’apprend en art, dans mes lectures, tout ça m’enrichit et intègre forcément les textes et le concept de Deadchovsky, et la musique aussi en fait.
- Divarre : Ouais on réutilise forcément des idées personnelles, des comparaisons, des analogies... Que ce soit un film, on peut très bien utiliser la structure d’un film pour le mettre en musique, sans pour autant reprendre la musique maisâ€' Dans les idées je pense que ca influence beaucoup.
- ObsküR[e] : Comment s’est déroulée la création du nouvel album ? Qu’est ce qui a changé par rapport au premier ?
- Afterglauk : Alors, rien à voir !
- Divarre : Même à l’intérieur de l’album, rien à voirâ€'
- Afterglauk : Oui, il n’a pas du tout été fait de la même manière ! Le premier album en fait, avec Lois le guitariste, on l’a commencé très spontanément. A partir du moment où on a décidé qu’on montait Deadchovsky et la création du premier morceau il s’est passé quelques heures. Et donc on a programmé des batteries, des synthés, on à joué par-dessus et toutâ€' Donc le premier album à été très spontané, même si sur la totalité on à pris notre temps, ça a pris un an, mais en gros on a pratiquement tout fait à deux. Puis il y a les deux autres membres, de Regard et Malaise Rouge, le Bab et le batteur, qui nous ont rejoints à la moitié de l’album, qui ont participés à la composition aussi, mais c’est vrai que ca s’est fait de manière très différente, dans le sens où on était toujours dessus et on à pratiquement, presque, tout fait à deux. Pour le deuxième album, tout le monde à beaucoup plus participé aux structures, à la composition, au sonâ€' On a enregistré avec des vrais instruments, beaucoup moins de programmations, donc c’est pour ça que peut-être il sonne plus spontanéâ€' Enfin spontané dans un sens différent du premierâ€'
- Divarre : Plus vivant.
- Hellebore : Plus live en fait.
- Afterglauk : Plus live !
- Divarre : Ca dépend pour quoi en fait, parce que les deux premières chansons qui ont été composées pour cet album là ont été plus ou moins improvisées, montées en répet’ donc vraimentâ€'
- Hellebore : Elles ont déjà tournées pas mal en concert aussiâ€'
- Afterglauk : Il y’a eu des morceaux aussi, même sur le deuxième album, ce qui était le cas pour le premier album, on avait des morceaux qu’on avait commencé à monter avec Trespass mais que les autres ne voulaient pas parce que c’était « trop batcave » ou je ne sais quoiâ€' Et donc voilà on a décidé qu’on les monterait pour Deadchovsky, c’était le cas pour Tears of Crust sur le premier album et Hallucinogène, et là c’est le cas pour La Pythie démente, sur le deuxième album et je crois que c’est toutâ€'
- Divarre : Oui il n’y a que celle-là .
- Afterglauk : Donc on a commencé par monter ces morceaux et puis après chacun est venu, a proposé ses idées, et ca s’est monté petit à petit. Chacun à proposé des compos, des partiesâ€' C’est un album très collectif par rapport au premier.
- ObsküR[e] : D’accord, c’est donc vraiment collectif et pas juste Lois John Slut et Afterglauk, il y a eu vraiment un travail de groupeâ€'
- Divarre : Oui, chacun de son côtéâ€'
- Hellebore : Enfin chacun de son côté, oui non quoi (rires) !
- Afterglauk : Non mais on peut dire qu’il n’a pas tort, car à la fois chacun a préparé des trucs de son côté et on a ramené tout ça en commun et souvent chacun a ramené des compos entières et on les a toutes retravaillées ensemble en fait.
- Divarre : C’était ce qui était difficile à la fin puisqu’en fait on a commencé l’album en improvisant et en composant vraiment en live, après il y a eu un petit passage au milieu de l’album, on avait déjà une première salve de morceau, où on a plus utilisé des compos qui avaient été créés par des gens, donc qui étaient plus poussées mais qui étaient moins faites par tout le monde donc les gens avaient plus à les arranger, comme par exemple ton morceau où j’ai eu à arranger la batterie seulement, tu avais composé toute la structure.
- Hellebore : Oui.
- Divarre : Et donc au final, il a fallu réunir un peu toutes ces initiatives personnelles et parfois il y a eu certains morceaux qu’on avait très peu vu ensemble et qu’on a du enregistrer comme ça sans même les avoir joués tous ensemble.
- Hellebore : Voilà en fait c’était venir avec une structure et après : « écoutez, faites comme vous le sentez » à la Afterglauk, à la Xavierâ€'
- Afterglauk : Chacun y met sa touche personnelle, c’est ce qui fait peut-être qu’au final l’album est quand même assez cohérent, même si il est varié.
- Divarre : C’était ce qui était dur je pense. De le rendre cohérent malgré ces différentes méthodes de compositionsâ€'
- Afterglauk : Mais au final au niveau du son et de la particularité du jeu de chacun c’estâ€'
- Divarre : Ca a été bien réussi je pense (rires).
- Afterglauk : (rires) Ouais, pas toujours mais plutôt.
- Divarre : Du point de vue technique en tout casâ€'
- ObsküR[e] : Et du coup, à chaud qu’est ce que vous en pensez de cet album ?
- Afterglauk : A ouais, justement tiens. J’ai envie d’envie d’en parler en premier parce queâ€'
- Hellebore : (rires)
- Afterglauk : En fait, il y a un moment où cet album ça a été dur parce qu’on y a passé du temps, la sortie à été repoussé et c’est vrai que quand on est dedans on n’a plus du tout de recul et puis un moment je me suis dis : est –ce qu’il est moins bien que le premier ? D’ailleurs tu te rappelle quand on s’est vu au Klub l’autre jour ?
- ObsküR[e] : Tout à fait oui.
- Afterglauk : Je t’avais dis que je ne savais pas si je le préférais au premier et en fait, deux jours après je l’ai réécouté et là je me suis dis ouais, en fait il me plait vraiment, il est bien il est vraiment plus mûr que le premier, sans problèmeâ€'
- Hellebore : Moi je suis toujours un peu partagé parce que plus on l’écoute plus on voit les petits trucs qu’on aurait pu faire mieux alors du coup on se dit « ouais mais finalementâ€' ». Mais aussi à force de l’entendre tout le temps tu satures et puis après tu vas avoir des échos un peu positifs, tu le réécoutes et tu fais « ah ouais mais c’est vrai que finalement il est vachement bien ». Moi c’est comme ça, toujours entre deuxâ€'
- Afterglauk : En fait y’a deux types d’écoutes par rapport à son album : la première écoute on est encore dedans et là c’est catastrophique, et il y’a l’écoute où on a réussi à s’en détacher et là on arrive plus à apprécier son travailâ€' C’est vrai qu’au début on est trop dedans et on n’a pas du tout la même vision. Moi j’ai l’impression d’avoir écouté de plusieurs manières différentes, et ça n’a rien à voirâ€' Mais maintenant je peux dire que vraiment je le trouve bien (rires).
- Divarre : C’est assez difficile... Ouais je l’aime beaucoup, parce que sinon on l’aurait pas sorti (rires). On aurait tout effacé à la dernière minute !
- Afterglauk : Où on l’aurait déjà sorti depuis 6 mois en l’état.
- Divarre : Non ça aurait été mauvais (rires). Non mais s’il est sorti c’est que vraiment on le voulait comme ça. Du coup ouais le retard a permis de faire vraiment le truc qu’on voulait.

- ObsküR[e] : Justement, l’album a joué l’arlésienne pendant des mois, pourquoi une telle attente ?
- Hellebore : Parce que Igor a volé les mix ! (rires)
- Afterglauk : (rires) Ouais ça c’est c’était à la fin, c’était pour nous faire chierâ€' Non mais en vrai, au début on a écouté un premier mix on n’était pas super satisfait, on n’arrivait pas à le faire sonner comme on voulait, et puis au bout d’un moment, finalement, à force, on n’y est arrivé. Mais au bout d’un moment on se demande si en fait on entend ce qu’on veut ou pas parce qu’on est tellement dedans qu’on n’a plus trop de recul. Mais des fois en fait on a ce qu’on veut mais à force de faire tourner les trucs, de vouloir changer des trucs ca modifie complètement la perception, mais bon au final je pense que ça a été bien qu’on retravailleâ€' Et puis au bout d’un moment on s’est fixé une limite. Et à partir du moment où on a fixé cette limite et on s’est dit on arrête, je pense que c’était bien et voilà quoiâ€'
- Hellebore : C’était toujours sur des détails, genre oui on veut un peu plus de basse, un petit peu plus de synthésâ€' Et en fait c’est resté comme ça pendant presque des mois, un peu plus de ci, un peu plus de ça.
- Afterglauk : Ouais ça a vraiment joué sur des trucs à la con, genre plus de reverb, pas cet effetâ€'
- Divarre : Je ne sais pas, je ne suis pas sûr qu’on n’ait passé vraiment autant de temps là -dessus. Il y a le fait qu’on ne pouvait bosser que les week-ends en généralâ€'
- Afterglauk : Oui et puis il y a aussi une question de temps de traitement évidemment, parce qu’on ne fait pas ça 24h/24, on n’est pas dans un milieu proâ€' On aimerait bien à la limite mais bon voilà â€'
- Divarre : Voilà . Mais après non, se prendre la tête, je pense pas plus que la normalâ€'
- ObsküR[e] : D’accord. Parlons un peu de l’album, pourquoi le titre Spiritus Sancti Bizarre ?
- Afterglauk : Au niveau du concept c’est un peu la suite logique de Decadence Revolution, qui disait qu’à force de trop de décadence, le monde poussait vers une révolution inconsciente de la décadence (ndlr : oulà ). Spiritus Sancti Bizarre revient sur la manière dont le monde devient décadent. C'est-à -dire que tout le monde est persuadé de croire en quelque chose, que ce soit Dieu, le hasard ou la musique, ou Marilyn Manson, ou les fourmis ou ce que tu veux. Et en fait chacun est comme relié à une croyance mais chacun l’interprète différemment et c’est ça qui fait que suivant la même source, chacun va l’interpréter différemment et il y’en à qui vont faire le bien, le mal, certains des guerres, d’autres faire de l’humanitaire, d’autres être cuisiniersâ€' En fait ca explique un peu que, si on prend l’ensemble de la population mondiale, chaque personne serait un « angle » d’un grand cercleâ€'
- Divarre : (après un long silence) Okâ€'
- Hellebore : Oui oui tout à faitâ€' (rires) C’est un peu les Saintes Ecritures d’Igor en fait.
- Afterglauk : Oui voilà â€' Ce n’est pas tellement différent de tous les grands courants de penséeâ€' C’est une vision des choses.
- ObsküR[e] : Et donc, justement il semble y’avoir une forte connotation religieuse dans cet albumâ€'
- Afterglauk : C’est vrai que fatalement, quand on a un concept sur les croyances des gens, ça va pas mal verser dans le côté religieux, puis on est dans un siècle de religion, spiritualité, de montée des extrêmes et tout ça, donc c’est totalement dans l’époqueâ€'
- ObsküR[e] : Personnellement j’ai le sentiment qu’il y a deux phases dans cet album : la première très Deadchovsky, assurant une forme de continuité, et la deuxième plus surprenante, comme une envie d’aller plus loin ? Etait-ce voulu ?
- Afterglauk : Qu’il y ait deux parties, c’est plutôt voulu. Que la première partie soit plus Deadchovsky traditionnelle et l’autre plus évolutive je ne sais pas si c’est vraiment voulu mais ça tombe comme çaâ€' Mais tu n’as pas tort.
- Hellebore : Moi je pense aussi que dans la composition de cet album il y’avait tellement de morceaux qui étaient différents, que finalement cette prélude c’est pour montrer toute les nouvelles influences qu’on peut avoir. Parce que déjà une des grosse influences de cet album c’est quand on a joué au festival psychédélique en Allemagne : en fait les synthés étaient tous mixés de la mêmeâ€'
- Afterglauk : En fait c’était le festival Swamp room Happening, à Hanovre, un festival de rock psychédélique qui n’a pas grand-chose à voir avec le mouvement gothique, et on a joué là -bas parce que le type nous aime bien, parce que pour lui on est une sorte de groupe de Batcave psychédélique et ça correspond totalement à son trip. Il nous à donc fait jouer là -bas et ça a vachement marché, et comme on disait en fait il se trouve que le son de claviers était unique et le même pour tout les groupes et c’était des sons d’orgue vachement à la Doors tu voisâ€'
- Hellebore : Voilà ! Et du coup ça donnait une autre dimension à tous les morceaux de Deadchovsky, et en fait c’est vrai qu’on à repris un peu ça, surtout sur ces morceaux là , ceux de la deuxième partieâ€'
- Divarre : Je pense que ouaisâ€' Les morceaux de la deuxième partie ont été composés pour la plupart un petit peu aprèsâ€'
- Hellebore : Après faut dire que la deuxième partie il y a un morceau de toi (ndlr : Divarre), un morceau de moi, du coup ça fait des nouvelles influences qu’il n’y avait pas sur les premier morceauxâ€'
- Divarre : Ca correspond un peu à la deuxième salve de morceauxâ€' On à du sans doute plus se faire plaisir personnellement, chacun a apporté un morceau de ce qu’il aimaitâ€'
- Hellebore : Le gros Nightride on the Moon de 9 minutes (rires)â€'
- ObsküR[e] : Qui est d’ailleurs assez mortelâ€'
- Afterglauk : C’est un morceau qui a pratiquement 10 ans en fait. J’ai joué dans une petite quinzaine de groupe et il a servi au moins dans 4 ou 5 groupes. On a fini par l’utiliser iciâ€'
- ObsküR[e] : Encore une fois un sentiment personnel : Je trouve le nouvel album nettement plus désespéré que le premier, plus fort en émotions, plus tendu même. Est-ce voulu ?
- Divarre : Oui alors en fait c’était notre état d’esprit quand on a composé l’album (rires)
- Hellebore : C’est marrant moi justement je le trouve un peu plus positif.
- Afterglauk : Oui moi aussi. Je pense que je comprends ce que tu veux dire : parfois il y’a des côtés vachement plus mélancolique mais pour moi le premier était plus tendu quand mêmeâ€' Ou alors au niveau de la voix peut-êtreâ€'
- Divarre : Moi je le trouve plus dense cet album là â€'
- Afterglauk : Ouais il est vachement plus denseâ€' Mais c’est peut-être la voix qui donne cette impressionâ€' C’est vrai que parfois il a un coté plus mélancolique, plus désespéré mais le premier est plus tendu par contreâ€' Mais ça dépend en fait, je ne sais pas. C’est vrai que l’album attaque fort avec trois morceaux assez directs, peut-être que c’est ça qui te fait penser à ça, et en le réécoutant j’ai eu cette sensation qu’il y avait certaines voix qui étaient plus désespérées, des passages un peu plusâ€'
- ObsküR[e] : Oui alors qu’en fait moi c’est plutôt sur la fin justement où je le trouve excessivement tendu puisque tu as Nightride, Ite Missa est, qui sont des morceaux d’où, pour moi, ne transparait aucun espoirâ€' Et au final dans le premier album tu avais toujours un côté second degré, un peu délire, très Batcave en somme, et là où ça fait beaucoup plus pris au sérieux en fait.
- Afterglauk : D’accord, alors ouais du coup je comprends mieux. C’est vrai que par moment on a voulu, même si on l’a gardé sur certains morceaux, se débarrasser du coté second degréâ€' Et c’est vrai que Ite Missa Est, c’est un morceau qui raconte limite comment on va vers la fin du monde donc ouais après il ne reste plus grand-choseâ€' (rires)
- ObsküR[e] : Alors, la question que je me pose depuis toujours : qui est le sandwichier glauque de Montmartre ? Et pourquoi l’entrée en scène de son frère ?
- Hellebore : (Après un éclat de rire général)Il existe vraiment !
- Afterglauk : Alors c’est une vieille histoire, il existe vraiment ! En fait quand je suis arrivé à Paris il y’a 8 ans j’ai d’abord habité à Montmartre et dans la rue d’Orsel, pas très loin du Sacré CÅ“ur, il y’a une petite sandwicherie qui s’appelle Midi-Midnight, si on passe on la remarque à peine, elle est encastrée. Et puis tu as un mec tout glauque qui est derrière son comptoir, avec des guirlandes rouges toutes poussiéreuses et c’est vraiment pas cher. La première fois que j’y suis allé en fait, j’étais avec une amie, et en fait à chaque fois que je passais je rigolais et tout et elle me dit « il est marrant on a qu’à essayer » : elle a gouté une crêpe, et en fait le mec il avait des crêpes toute prêtes, il a sorti une serpillère dégueulasse, il a soulevé et il y’avait des crêpes dessous, il a servi le truc. Donc la crêpe avait un goût de Paic Citronâ€' Et du coup il est entré dans la légende ce mec, j’en ai parlé à des gens, il y a un mec qui avait acheté un sandwich au poulet en allant chez lui, il l’a jeté directement, mais vraiment il est dégueulasseâ€' Et il y est toujours donc, rue d’Orsel, le Midi-Midnight, tu ne peux pas le raté, c’est un mec tout glauque qui attend des clients toute la journée, je crois qu’on avait été ses deux seuls clients, toute la journée l’année il regarde les clients passer depuis des années comme çaâ€' Si une fois je lui ai acheté un Minute Maid orange aussi. Et un jour on y était retourné avec des anciens membres de Deadchovsky pour leur montrer qui c’était en vrai et là il y’avait un deuxième mec qui était avec lui qui lui ressemblait vachement donc on a imaginé que c’était son frère, donc c’est pour ça on a écrit la suite : le Frère du Sandwichierâ€' Et à ce sujet là on va surement tourner un film court métrage d’un quart d’heure, les deux Sandwichiers enchainés, avec des plans de Montmartre où on va essayer de mettre le sandwichier en vrai et tout, on va essayer de faire ça bien, à mon avis ca va être cool.

- ObsküR[e] : De même qui est le New Dark Age Model ?
- Afterglauk : C’est le symbole, c’est le mec qui pose pour la photo des compils New Dark Age (ndlr : Strobelight). On a fait pas mal de concert en Allemagne, on s’est souvent aperçu que y’en avait beaucoup qui s’habillaient exactement comme le mec des compils Strobelight, mais exactement pareil, du coup on s’est dit c’est une mode et puis voilà quoiâ€'
- ObsküR[e] : Et donc toi tu veux être le New Dark Age Model ?
- Afterglauk : Ouais voilà exactement parce que quand on le voit c’est clair qu’on a trop envie d’être looké comme luiâ€'
- Hellebore : C’est un peu le truc, genre je veux me démarquer des autres en m’habillant mais en fait très vite, en allant en soirée ou en festival il se rend compte que tout le monde est comme lui et en fait il est pas du tout différent des autres quoiâ€'
- ObsküR[e] : Ite Missa Est : La messe est dite, ce titre semble amener la fin de tout. Serait-ce la fin d’Igor ?
- Afterglauk : Non pas du tout, en fait c’est un titre au niveau du texte qui met les points sur les i. En fait quand Xavier, qui l’a composé, me l’a envoyé j’ai dit « ça c’est le dernier titre de l’album », c’est obligé, il fait vachement fin d’album. Donc j’ai mis un texte qui dit voilà , la messe est dite, on met les points sur les i. En gros ça dit que puisque le monde est comme ça, puisque personne ne fait d’efforts, puisque ceci, puisque cela et bien voilà la messe est dite.
- ObsküR[e] : Que pensez-vous si je vous dis : Spiritus Sancti Bizarre, l’album de la maturité pour Deadchovsky?
- Divarre : (rires) Pas encore.
- Afterglauk : Ouais il a peut-être raisonâ€'
- Divarre : Ca arriveâ€'
- Afterglauk : Plus mûr que le premier c’est sûrâ€' Une première étape dans la maturité sans douteâ€'
- Divarre : Un premier pas, avec le deuxième qui va arriverâ€'
- Hellebore : Peut-êtreâ€'
- Divarre : Mais ouais effectivement on travaille beaucoup plusâ€' Enfin le travail est là et donc on progresse je penseâ€'
- Afterglauk : On a progressé aussi en tant que musiciens, et puis Xavier maitrise vachement en son et en arrangement, donc c’est vrai qu’il est pour beaucoup dans le son de l’album, c’est aussi ce qui fait qu’il sonne différemment du premier. Donc on est plus mûr au niveau des arrangements, du son, des compositions, des instruments, des harmoniques et du travail de groupeâ€'
- ObsküR[e] : Très bien, du coup quel est l’avenir de Deadchovsky à présent ? Un 3ème album ?
- Hellebore : Le 3ème album pas forcément tout de suite en faitâ€'
- Afterglauk : Avant le 3ème album, on le projet de faire des reprises Pour l’instant à priori 16 reprises, 4 par membre, mais qui seront téléchargeable au fur et à mesure. Donc je sais pas quand est ce qu’on va faire çaâ€'
- Divarre : Quand on aura le tempsâ€'
- Afterglauk : Mais ce sera très varié, y’aura un peu de tout, pas forcément des trucs goths d’ailleurs, y’aura vraiment de toutâ€'
- Hellebore : Même quasiment pas de trucs gothsâ€'
- Afterglauk : Nan pas trop finalementâ€' Y’aura aussi le fameux court métrage du sandwichier, normalement, ça faut qu’on le fasseâ€' Et puis après le 3ème album.
- Hellebore : On a déjà fait 2 morceaux là , en attente ?
- Divarre : On a déjà un morceau qui n’a pas pu être sur l’album parce qu’on était un peu juste au niveau temps donc on l’a écartéâ€'
- Afterglauk : Mais il reviendraâ€'
- ObsküR[e] : Un petit mot aux lecteurs d’ObsküR[e] pour conclure ?
- Afterglauk : Achetez l’album il est bien (rires) !
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